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Prise d’otages sur un plateau télé en Équateur : le procureur assassiné, “personne n’est à l’abri”

César Suárez n’était pas le plus connu des procureurs équatoriens, bien qu’il ait eu à enquêter sur des dossiers importants. Si son meurtre fait la une de la plupart des journaux du pays, c’est parce qu’il démontre que “personne n’est totalement à l’abri” de la guerre contre les gangs décrétée le 9 janvier par le gouvernement, s’alarme le quotidien El Universo dans un éditorial.

D’après le journal Expreso, César Suárez a été suivi par des hommes armés alors qu’il sortait de son bureau, situé dans le bâtiment de la police judiciaire de la ville de Guayaquil (dans le sud-ouest du pays), puis visé par “au moins 25 tirs” alors qu’il se trouvait en voiture. Son corps a été laissé à la vue de tous pendant environ quarante-cinq minutes, le temps que la police intervienne sur les lieux et le sorte du véhicule.

Il était notamment chargé de l’enquête en cours sur l’envahissement du plateau d’une chaîne de télévision publique à Guayaquil, TC Television, par des hommes cagoulés et armés, mardi 9 janvier, en plein direct. Cette irruption, interrompue par les forces de l’ordre, a exaspéré le gouvernement, après deux jours de chaos qui ont commencé dans des prisons contrôlées par les gangs, avec des émeutes et deux évasions.

“L’attaque de la chaîne a été le prélude à la déclaration d’un conflit armé interne, en raison de la vague de violence en Équateur”, rappelle le média en ligne Primicias.

“Sans protection policière”

César Suárez s’était récemment plaint à El Universo de ne pas avoir d’escorte policière, bien qu’il ait interrogé les 13 criminels détenus pour l’envahissement du plateau de télévision, apparemment liés au gang des Tiguerones, et “enquêté sur qui avait donné l’ordre de commettre cet attentat”.

Parmi les autres dossiers importants qui sont passés entre ses mains, on compte aussi le détournement de ressources destinées à un hôpital pendant la pandémie, le détournement de fonds de l’Institut de sécurité sociale de la police nationale, ainsi que le blanchiment d’argent de gangs liés à des fonctionnaires.

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