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La Première ministre de l’Estonie, Kaja Kallas, recherchée par la police russe

 Kaja Kallas à Bruxelles en décembre 2023. La Russie lance un avis de recherche contre... une Première ministre de l’UE. Photo d’illustration.
JOHN THYS / AFP Kaja Kallas à Bruxelles en décembre 2023. La Russie lance un avis de recherche contre... une Première ministre de l’UE. Photo d’illustration.

INTERNATIONAL - Une énième tactique d’intimidation. La Russie a lancé, ce mardi 13 février, des avis de recherche contre trois responsables des pays baltes, parmi lesquels la Première ministre estonienne Kaja Kallas. Cette décision prise par la police russe est une énième illustration des tensions entre ces ex-républiques soviétiques et Moscou depuis le début de l’attaque menée par les troupes du Kremlin en Ukraine, il y a bientôt deux ans.

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Comme on peut le voir dans une notice visible ce mardi sur le site du ministère russe de l’Intérieur, la Première ministre estonienne Kaja Kallas est poursuivie en Russie dans « une affaire pénale », le document ne précisant pas de quel crime ou délit la dirigeante est accusée. Le secrétaire d’État estonien, Taimar Peterkop, fait également l’objet d’un avis de recherche, comme le ministre de la Culture lituanien, Simonas Kairys.

Une source sécuritaire russe, citée anonymement par l’agence de presse d’État TASS, affirme que les deux responsables estoniens et le ministre lituanien sont poursuivis pour « destruction et dégradation de monuments (d’hommage) aux soldats soviétiques » de la Seconde Guerre mondiale. Soit une référence à des dégradations devenues pratiquement un rituel : depuis quelques années, plusieurs de ces monuments hérités de l’URSS et célébrant la victoire contre l’Allemagne nazie ont été démontés dans les pays baltes, en signe de rejet de la période soviétique.

Face à cette offensive qui la vise nommément, la Première ministre estonienne Kaja Kallas a dénoncé aujourd’hui la « tactique d’intimidation habituelle » de la part de Russie. « Je ne me tairai pas, je continuerai à soutenir l’Ukraine avec force et je me prononcerai en faveur du renforcement de la défense européenne », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Des divergences liées à la mémoire de guerre

Ces avis de recherche lancés par la Russie interviennent donc dans un contexte de tensions entre Moscou et les pays baltes. À ce propos, le Kremlin a évoqué la vision opposée de l’Histoire qu’ont les Russes et ces États. La Russie accuse en effet les pays baltes de commettre des « crimes contre la mémoire », comme l’a déploré sur Telegram la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova : « Il faut répondre des crimes commis contre la mémoire de ceux qui ont libéré le monde du nazisme et du fascisme ! Et ce n’est que le début. »

Moscou se voit en effet comme un libérateur des pays victimes du nazisme et juge toute autre approche comme une « falsification de l’Histoire », ce qui constitue un crime en Russie. À l’inverse, les États baltes retiennent surtout que l’URSS les a occupés et opprimés. Selon le ministre lituanien Simonas Kairys, qui s’est exprimé via un communiqué transmis à l’AFP, la Russie « essaie d’étouffer la liberté (..) et de continuer à créer sa propre version qui est en contradiction avec les faits ou la logique ».

En plus de cette question mémorielle, ces dernières semaines, plusieurs signes de tensions persistantes entre Moscou et les pays baltes se sont aussi manifestés. Mi-janvier, la Lettonie et l’Estonie ont décidé de mettre fin à leurs accords d’assistance juridique avec la Russie, les responsables de ces deux pays invoquant l’attaque de l’Ukraine par Moscou.

Le 6 février, la Russie avait convoqué les chargés d’affaires d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie, en les accusant de « saboter » la présidentielle russe de mars en refusant d’assurer la sécurité des bureaux de vote dans les ambassades russes sur leur sol.

Si les pays baltes craignent une attaque russe et envisagent de renforcer leurs capacités militaires, le président Vladimir Poutine a déclaré pour sa part écarter l’idée d’envahir la Pologne ou la Lettonie, territoires qui n’ont, selon lui, « pas d’intérêt ».

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