Première détection du couple "OH" dans l'atmosphère d'une exoplanète

·2 min de lecture

WASP-33b, une exoplanète trois fois plus massive que Jupiter, contiendrait des groupes OH dans son atmosphère chauffée à 2.500°C. C'est la première fois que ces radicaux hydroxyles sont détectées ailleurs que dans le système solaire. Leur présence peut révéler celle de molécules d'eau.

"O", "H", "O" et "H" "OH OH OH !" aurait pu chanter Gainsbourg sur l'air de "Laetitia". Ici, OH est le symbole chimique du radical hydroxyle, soit un atome d’oxygène lié à un atome d’hydrogène. Courant dans notre atmosphère, il vient d'être détecté par une dans celle de l'exoplanète WASP-33. Une première et un exploit, car elle se trouve à 378 années-lumière de la Terre, et elle est presque collée à son étoile. Cette découverte est aussi une bonne nouvelle pour la quête de la vie dans l’Univers, car ces hydroxyles peuvent être obtenus par dégradation d’une molécule d’eau (H2O). Or, l'eau reste l'un des ingrédients indispensables à l’apparition de la vie.

Un enfer à 2.500 °C

Cela dit, il n’y a que très peu de chance que WASP-33b soit habitée. Avec sa masse atteignant 2,8 fois celle de Jupiter, elle appartient à la catégorie des "Jupiter chauds". Très chaude même : au moins 2.500 °C. Voilà ce qu'il en coûte de graviter très près de son étoile, 3,8 millions de kilomètres seulement, bien plus près que Mercure ne l’est du Soleil (60 millions de kilomètres). Pas de vie donc, mais de l’eau sans doute. La destruction des molécules d’eau sous l’effet de cette chaleur infernale constitue l'hypothèse la plus probable pour expliquer leur formation. Pour “voir” ces paires d’atomes depuis la Terre, l’équipe d’astronomes a utilisé le télescope Subaru de 8,2 mètres de diamètre, installé au sommet du Mauna Kea à Hawaï (États-Unis). Le principe consiste non pas à les observer directement, mais à repérer leur présence dans le spectre électromagnétique de la planète. Ce spectre correspond à l’ensemble de la lumière, visible et invisible (UV, infrarouge, X) émis par l’astre. Les groupes hydroxyles en absorbent une partie précise, créant dans le spectre des raies d’absorption, des bandes sombres, qui signent leur présence. Les chercheurs sont parvenus à voir cette signature dans le spectre de la planète.

Séparer l'étoile de la planète

La principale difficulté consistait à distinguer le [...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi