Présidentielle: qui sont les organisateurs de la primaire populaire?

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Mathilde Imer et Samuel Grzybowski lors d'une conférence de presse le 15 janvier 2022 - Thomas COEX / AFP
Mathilde Imer et Samuel Grzybowski lors d'une conférence de presse le 15 janvier 2022 - Thomas COEX / AFP

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L'équipe de la primaire populaire a beau compter une cinquantaine de bénévoles, c'est le duo à l'initiative de cette compétion interne à la gauche qui concentre toutes les attaques. La militante écologiste Mathilde Imer et l'entrepreneur social Samuel Grzybowski sont à l'origine de ce succès que pas grand monde n'avait vu venir: malgré les nombreuses critiques, le dispositif se paie le luxe de compter 467.000 inscrits pour le vote qui débute ce jeudi - beaucoup plus que la primaire écologiste ou le congrès de la droite qui ont intronisé Yannick Jadot et Valérie Pécresse.

Les deux trentenaires se sont rencontrés à la sortie du premier confinement, au printemps 2020. Autour d'un café dans un bar parisien, ils partagent une conviction, raconte L'Obs: celle que la gauche, éparpillée entre plusieurs leaders, va dans le mur.

"Si ça dégénère entre les candidatures, serais-tu prêt à te mettre à dos tous les partis pour leur tordre le bras?", lance la jeune femme à son "jumeau" - le surnom que certains donnent à ce binôme.

Banco, lui répond-il en substance. L'accord est scellé et très vite, ils se lancent dans leur projet: faire choisir par un vote de citoyens, fin janvier, un candidat unique à gauche.

"La vraie cheville ouvrière de la Convention citoyenne"

C'est que ces deux visages s'y connaissent en mobilisation citoyenne. Etudiante en double cursus entre Sciences-Po et l'université scientifique Pierre-et-Marie-Curie, Mathilde Imer cofonde l’ONG CliMates en 2012, en mêlant actions et réflexions sur le réchauffement climatique.

Quelques années plus tard, elle suit les cours de Laurence Tubiana, qui, une fois nommée négociatrice à la Cop21 pour la France, l'embauche. Trois ans plus tard, elle fait partie de l'équipe qui lance l'Affaire du siècle qui poursuit en justice l'État pour "inaction climatique".

En 2020, en plein mouvement des gilets jaunes, la militante lance le collectif des "gilets citoyens" qui pousse à l'organisation d'un grand débat citoyen. Emmanuel Macron s'empare de l'idée et la nomme membre du comité de gouvernance de ce qui va devenir la Convention citoyenne pour le Climat.

"Elle a été peu médiatisée, mais c’est elle la vraie cheville ouvrière, de la conception aux négociations avec l’Elysée", confie le réalisateur Cyril Dion, garant de la Convention, à L'Obs.

Un spécialiste de la laïcité

Samuel Grzybowski, lui, lance dès ses 16 ans l'association Coexister qui cherche à promouvoir le dialogue entre les religions - son père est journaliste pour l'hebdomadaire chrétien La Vie et lui-même se dit croyant. Ce proche de Jean-Louis Bianco, l'ancien président de l'Observatoire de la laïcité, a été plusieurs fois critiqué pour sa vision jugée "trop accommodante" de la laïcité, comme l'explique Marianne.

Entrepreneur social, il a ensuite fondé son start-up qui accompagne les entreprises dans les enjeux de laïcité.

"Je pensais être futur directeur adjoint du club PSG, pianiste professionnel ou président de la Croix-Rouge après deux ans de bénévolat pour les sans-abris", a-t-il raconté au Bondy Blog.

Une vidéo polémique

Les derniers jours ont été relativement compliqués pour le jeune homme. En cause, une vidéo à usage interne tournée en octobre dernier et diffusée il y a quelques jours sur Twitter.

"Nous, notre but, avec le pôle politique, c'est d'essayer d'empêcher que les membres du bloc des justices - Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Arnaud Montebourg et Yannick Jadot - puissent avoir les 500 signatures (s'ils refusent la "primaire populaire, NDLR)", y explique-t-il.

"Le dernier levier, c'est leur image dans les sondages", poursuit Samuel Grzybowski. "Si on les critique de plus en plus sur les réseaux sociaux, sur Twitter, dans les médias, on peut faire baisser leur cote de popularité."

Tollé parmi les candidats qui n'appréciaient déjà guère la méthode qui consiste à les faire participer à cette désignation sans leur accord: les inscrits à la primaire populaire sont effectivement invités à voter sur les candidatures de Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo, malgré leur refus.

"Une erreur sur la forme"

Le duo explique s'être inspiré du mouvement Sunrise, ce groupe de jeunes militants du climat né en 2017 aux États-Unis qui investissent des candidats qui ne sont pas toujours volontaires.

"Bien sûr qu'il y a une erreur sur la forme. J'aurais dû dire 'suspendre provisoirement les parrainages jusqu'au rassemblement' et pas empêcher", justifie Samuel Grzybowski dans les colonnes de L'Express, dans lesquelles il affirme avoir été physiquement malade de cet épisode.

Les jumeaux ne raccrochent pas pour autant et voient déjà bien après la primaire populaire. "On est là pour dix ans", assure même le militant associatif.

Article original publié sur BFMTV.com

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