Présidentielle américaine: Trump joue son va-tout dans les États-clés à quelques jours de l'élection

Hugues Garnier
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Le président américain lors d'un meeting de campagne dans l'Ohio le 24 octobre 2020 - Mandel Ngan
Le président américain lors d'un meeting de campagne dans l'Ohio le 24 octobre 2020 - Mandel Ngan

Il ne mise plus sur le vote populaire. À dix jours de l'élection américaine, Donald Trump adopte une stratégie électorale audacieuse pour tenter de remporter un second mandat face à Joe Biden, favori dans les sondages.

Le président américain, en difficulté en raison de la crise économique engendrée par la pandémie de coronavirus pour laquelle il a été critiqué pour sa gestion, va de nouveau essayer de jouer la carte des grands électeurs dans les swing-states, soient les États-clés. C'est grâce à ces derniers que le milliardaire excentrique avait remporté la Maison Blanche en 2016 face à Hillary Clinton et ce, alors que la candidate démocrate avait récolté plus de voix que lui.

"Il ne faut pas qu'il gagne des voix mais des États"

Un nouveau pari électoral qui s'annonce cette fois plus risqué au regard de l'avance de son adversaire démocrate dans les sondages nationaux.

"Il a huit points de retard sur Joe Biden. Il y a quatre ans il avait seulement trois points de retard sur Hillary Clinton à dix jours de l'élection. Son retard est beaucoup plus net qu'en 2016", observe Jean-Bernard Cardier. "Sauf que le chiffre national n'a que peu d'importance le jour du vote. Il ne faut pas qu'il gagne des voix mais des États d'où l'importance de ces fameux États-clés [...] dans ces États son retard est beaucoup moins large au niveau national et il se trouve la plupart du temps dans la marge d'erreur", note notre correspondant à Washington D.C.

Résultat: le président américain part faire campagne exclusivement dans ces États et notamment dans les régions qui lui sont favorables. Caroline du Nord, Ohio, Wisconsin... Des États qui comptent un nombre conséquent de grands électeurs qui lui sont indispensables s'il veut resigner pour quatre ans à la tête du pays.

"Il pense que s'il arrive à mobiliser sa base, il peut profiter de ce système électoral compliqué et passer de justesse dans les états qui comptent, comme en 2016", décrypte Jean-Bernard Cadier.

Opération séduction pour le candidat républicain

Car si les Américains élisent leur président au suffrage universel, ils le font indirectement. Ce sont les grands électeurs qui votent pour l'un des deux candidats. Un suffrage où la règle du "winner takes all" (le gagnant prend tout) permet au candidat qui remporte un Etat en terme de voix de rafler tous les grands électeurs de ce même État. Une règle adoptée par la quasi-totalité des Etats à l'exception du Maine et du Nebraska. Un candidat peut donc tout à fait gagner l'élection présidentielle en ayant donc moins de voix que son adversaire.

Mais si Donald Trump peut espérer remporter un certain nombre de ces États qui vacillent souvent d'une élection à une autre, il doit également s'assurer de conserver d'autres où il était arrivé en tête en 2016.

"Il y a des États qu'on croyait acquis à Donald Trump et qui sont beaucoup plus incertains comme la Géorgie, l'Ohio ou même le Texas... Il y a finalement plus d'États-clé que prévus et du coup la réélection de Donald Trump paraît plus incertaine".

Article original publié sur BFMTV.com