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Présidentielle américaine : Ron DeSantis et Gavin Newsom, un débat sur FoxNews qui préfigure l’élection de 2028

Le gouverneur de Floride Ron DeSantis (à gauche) et celui de Californie Gavin Newsom (à droite) s’affrontent ce 30 novembre dans un débat sur FoxNews.
Getty/montage HuffPost Le gouverneur de Floride Ron DeSantis (à gauche) et celui de Californie Gavin Newsom (à droite) s’affrontent ce 30 novembre dans un débat sur FoxNews.

ÉTATS-UNIS - C’est un match entre deux hommes qui rêvent de la Maison Blanche. Après un an d’invectives et de provocations, le gouverneur de Floride candidat aux primaires républicaines Ron DeSantis et celui de Californie, le démocrate Gavin Newsom, vont s’affronter au cours d’un débat ce jeudi 30 novembre.

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Le défi avait été lancé par Gavin Newsom en septembre 2022, à la suite de la polémique sur les migrants arrivés en Floride et renvoyés, sous la pression de Ron DeSantis, vers l’île huppée de Martha’s Vineyard, dans le Massachusetts. « Visiblement vous êtes occupé à jouer à la politique avec la vie des gens. Puisque vous avez un besoin fondamental – être au centre de l’attention –, débattons. Quand vous voulez, avant l’élection présidentielle », avait écrit sur X Gavin Newsom à l’attention de Ron DeSantis.

Il a fallu plusieurs mois avant que le gouverneur du Sunshine State accepte, et encore plusieurs semaines pour que les termes du débat ne soient fixés. La rencontre sera finalement diffusée sur la chaîne conservatrice FoxNews et modérée par l’éditorialiste – tout aussi conservateur – Sean Hannity. Au menu de l’échange entre les deux hommes, 90 minutes pour défendre leurs visions antagonistes sur l’immigration ou l’inflation, ce qui promet un « combat de boxe, une foire d’empoigne faite de joutes verbales », anticipe le docteur en civilisation américaine Alexis Pichard, interrogé par Le HuffPost.

Les espoirs douchés de Newsom et DeSantis

Ce spécialiste de la politique étatsunienne ne cache pas son scepticisme. « Je ne comprends pas le bien-fondé de ce débat entre Newsom, un politicien qui n’est pas investi dans la campagne présidentielle actuelle ; et DeSantis, annoncé comme celui qui allait piétiner Trump et qui finalement est donné troisième des intentions de vote après une campagne catastrophique », observe-t-il.

Lorsque le challenge a été mis sur la table pour la première fois, la situation était bien différente. Ron DeSantis était alors en lice pour se faire réélire à la tête de la Floride et considéré comme le seul républicain pouvant faire tomber Donald Trump aux primaires républicaines pour la présidentielle 2024. Gavin Newsom, ancien maire de San Fransisco, cherchait également à se faire réélire gouverneur de Californie et était vu comme une étoile montante du parti pouvant se présenter aux primaires démocrates.

Un an plus tard, le gouverneur de Floride a été largement réélu, mais il n’a pas su convaincre au-delà des frontières de son État. Depuis sa candidature à la présidentielle, il stagne autour des 15 % d’intentions de votes pour les primaires républicaines dominées par Donald Trump, et s’est récemment fait doubler par l’ancienne ambassadrice à l’ONU Nikki Haley. Quant à Gavin Newsom, il a été stoppé net dans ses ambitions avec l’annonce de la candidature de Joe Biden aux primaires démocrates au printemps. L’étoile montante est contrainte de rester dans l’ombre pour l’instant.

Les héritiers

« C’est peut-être un futur couple qui va se battre pour la Maison Blanche, mais ni l’un ni l’autre ne peut prétendre à ce rôle pour l’instant », résume Alexis Pichard. Moins catégoriques, des spécialistes de la stratégie politique interrogés dans le journal américain The Hill estiment que Ron DeSantis, 44 ans, et Gavin Newsom, 55 ans, pourront profiter de ce débat pour se placer comme des héritiers dans leurs partis respectifs.

« Dans la période politique actuelle, les électeurs veulent voir si les personnes pour lesquelles ils vont voter peuvent gagner la bataille rhétorique contre le camp d’en face. Ce débat va donner l’opportunité aux deux candidats de le montrer », affirme par exemple Justin Sayfie, un stratège du parti républicain basé en Floride.

Du côté du gouverneur de Floride, c’est l’occasion de « se mettre en avant » et d’« attirer la lumière des projecteurs », alors que « Joe Biden et Donald Trump captent toute l’attention des médias », estime Ford O’Connell, également stratège républicain interrogé par The Hill. Alexis Pichard n’est pas aussi optimiste. « Je ne sais pas si DeSantis a vraiment quelque chose à gagner. Par contre, il a encore à perdre s’il est toujours aussi mauvais », lâche-t-il. Une référence aux trois débats organisés entre candidats aux primaires républicaines, au cours desquels Ron DeSantis ne s’est pas particulièrement démarqué.

Une opportunité pour le gouverneur de Californie

Tous s’accordent en revanche sur l’intérêt de la rencontre pour le Californien. « Gavin Newsom peut gagner en visibilité auprès des conservateurs, rassembler au-delà des électeurs ou sympathisants démocrates », estime Alexis Pichard. « Si Biden reste dans la course en 2024, il va profiter de cette exposition sur la scène nationale pour le futur », affirme aussi Daniel Schnur, professeur de communication politique toujours dans The Hill.

Voire plus rapidement que prévu ? « Gavin Newsom mène une campagne souterraine en ce moment. En cas de pépin pour Joe Biden, il pourrait le remplacer », reprend Alexis Pichard. C’est aussi ce que pense DeSantis. Pour justifier sa participation à un débat contre un adversaire qui n’est même pas dans la course pour 2024, le gouverneur de Floride a souligné sur NBC que Biden, qui vient de fêter ses 81 ans et dont l’âge est pointé du doigt, « ne sera peut-être pas le candidat démocrate ».

En attendant d’être sur le plateau de FoxNews, Gavin Newsom et Ron DeSantis ne cessent de s’attaquer par interview ou publicités interposées. Quand le premier dénonce la volonté de DeSantis d’interdire l’avortement après six semaines en Floride, le second insiste sur le déclin de la Californie depuis que son adversaire est à la tête de l’État. La lutte entre les patrons du « blue » et du « red » state ne fait que commencer.

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