Pouvoir d'achat, écologie, recrutement à l'Élysée... Les devoirs d'été d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron à l'Elysée le 28 juilllet 2022 - Bertrand Guay/AFP
Emmanuel Macron à l'Elysée le 28 juilllet 2022 - Bertrand Guay/AFP

Pour ses congés d'été, Emmanuel Macron emmène de quoi plancher au fort de Brégançon: entre des CV sous le bras pour recruter de nouveaux collaborateurs, des pistes pour essayer de rénover la vie démocratique et des idées de mise en scène sur les sujets environnementaux, ses vacances s'annoncent studieuses. BFMTV.com résume ce qui est censé occuper le Président lors des prochaines semaines.

• Reprendre des forces

Objectif numéro un: se reposer après une année éreintante, entre guerre en Ukraine, présidence tournante de l'Union européenne, élection présidentielle et interminable casting gouvernemental.

"Il a une énergie qui a toujours été débordante mais ces derniers temps, ça pulse un peu moins", reconnaît à demi-mot un cadre du parti.

Ces dernières semaines, les critiques se sont d'ailleurs multipliées dans les rangs de l'exécutif sur les premiers mois du second quinquennat d'Emmanuel Macron, jugés poussifs: fiasco du Stade de France, affaire Abad, Uber files, maintien de Caroline Cayeux au gouvernement après ses propos polémiques sur les personnes homosexuelles...

Au menu pour recharger les batteries: jogging sur les hauteurs de Bormes-Les-Mimosas, balade avec ses enfants et ses petits-enfants pour ramasser des coquillages et probable escapade en jet-ski, son "joujou préféré" d'après les confidences de Brigitte Macron.

• Avancer sur les recrutements

Depuis la défaite de Christophe Castaner et Richard Ferrand aux législatives, deux intimes et piliers indispensables du dispositif du précédent quinquennat, Emmanuel Macron cherche à renforcer ses équipes. Alors qu'il a proposé à l'ancien président de l'Assemblée nationale de le rejoindre, ce dernier a refusé net tout poste de conseiller à l'Élysée, d'après des informations de L'Opinion.

Autre objectif des prochaines semaines: enfin trouver le remplaçant de Clément Léonarduzzi, l'ancien conseiller en communication du chef de l'État qui a quitté la présidence à la fin du printemps. L'absence de son successeur a d'ailleurs donné lieu à des couacs. Le dîner avec le dirigeant saoudien Mohammed Ben Salmane, à la réputation sulfureuse depuis l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, ne devait d'ailleurs pas être rendu public. Il a finalement dû être officialisé après plusieurs fuites dans la presse.

• Muscler le Conseil national de la rénovation

Annoncé par Emmanuel Macron quelques jours avant le premier tour des législatives, le Conseil national de la rénovation devrait commencer à travailler à partir de la deuxième semaine de septembre. Ce dispositif qui associera partis politiques - malgré l'absence annoncée des LR et du RN - des élus locaux, des syndicats devrait plancher sur des propositions pour rénover la vie démocratique.

"Il faut qu'il en sorte des choses vraiment fortes, qu'on puisse se dire qu'on est en mesure de remobiliser largement les Français et qui fasse bouger les lignes comme lors du grand débat", avance un député qui suit le sujet de près.

Parmi les pistes auxquelles pourrait réfléchir Emmanuel Macron, la proportionnelle aux prochaines législatives, serpent de mer depuis des années, la reconnaissance du vote blanc ou encore l'annonce de conventions citoyennes sur des sujets très précis comme évoqué lors de la campagne présidentielle.

"On pourrait aussi avoir un coup politique et par exemple sortir du chapeau un ancien président ou un ancien Premier ministre pour chapeauter le tout", envisage encore un autre, qui promet des annonces "fin août".

En 2007, Nicolas Sarkozy avait ainsi nommé Édouard Balladur à la tête d'un Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions avant que François Hollande ne fasse de même avec Lionel Jospin en 2012. Sans qu'il n'en sorte grand-chose.

• Affiner la méthode

Olivier Véran a beau assurer que les textes votés à l'Assemblée nationale, entre Covid-19, pouvoir d'achat et loi de finances rectificatives "n'ont pas été dénaturés" et que "les grands principes de la politique menées ont été respectées" lors de son dernier point presse à l'issue du Conseil des ministres, les dernières semaines ont laissé un goût amer.

Députés trop peu présents pour parvenir à faire voter certaines dispositions, un ministre de l'Économie, Bruno Le Maire parfois dépassé sur la question de la revalorisation des retraites, textes jugés mal ficelés...

"Tout n'a pas été parfait dans le dispositif à l'Assemblée nationale alors que tout doit être parfaitement bordé. Le Président va réfléchir à la façon dont on peut améliorer les choses", avance un collaborateur à la présidence.

Des rendez-vous de travail seraient d'ailleurs prévus en visioconférence autour de Franck Riester, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement.

• Marquer des points sur le pouvoir d'achat

Projet de loi pouvoir d'achat, long entretien du 14-Juillet pour préparer aux coupures de gaz russe qui pourraient faire encore un peu plus flamber les factures d'énergie... Emmanuel Macron sait que la rentrée s'avérera compliquée pour de nombreux Français face aux prix qui devraient encore continuer de grimper.

"On fait tout ce qu'on peut mais soyons honnêtes. On n'a pas de solution miracle et ça, on doit encore trouver comment l'expliquer et l'assumer et parfois ne pas hésiter à aller là où on ne nous attend pas", décrypte un cadre du parti.

Parmi les réflexions du locataire de l'Élysée, une éventuelle taxe sur les super profits. Après avoir ouvert la porte à cette éventualité lors de son interview le jour de la fête nationale, tous les pontes de la majorité ont dit "non", au grand dam de l'aile gauche de la coalition présidentielle.

"On y viendra forcément si les grandes entreprises qui ont du cash ne joue pas le jeu. Tout est question de présentation et comment on ne fait pas passer ça pour une mesure anti-business", avance cependant un député de la commission des Affaires économiques.

• Se mettre en scène comme un président écologiste à la rentrée

Emmanuel Macron l'avait promis lors d'un grand meeting à Marseille dans l'entre-deux-tours: il veut mettre "l'environnement au coeur des années à venir en France". Soucieux de se montrer sensible au réchauffement climatique face à l'accélération des canicules cet été, le chef de l'État devrait réfléchir à plusieurs déplacements "à forte ajoutée".

Au menu de l'automne: le projet de loi énergie qui devrait faire la part belle aux renouvelables et sur lequel le président mise beaucoup pour atteindre l'objectif zéro carbone d'ici 2050.

"On va faire le maximum pour vendre le projet de loi énergie qui fait la part belle aux renouvelables et on va devrait bien le faire savoir en sortant le rouleau compresseur", sourit-on dans l'entourage d'un des ministres qui planche sur le texte.

Un collaborateur ministériel rêve même d'un éventuel déplacement autour des chercheurs du Giec qui se réunissent à Genève en septembre prochain pour mettre la dernière touche à leur rapport de synthèse.

Article original publié sur BFMTV.com

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