Poutine réunit les dirigeants d'Arménie et d'Azerbaïdjan

par Tom Balmforth et Vladimir Soldatkin
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POUTINE RÉUNIT LES DIRIGEANTS D'ARMÉNIE ET D'AZERBAÏDJAN

par Tom Balmforth et Vladimir Soldatkin

MOSCOU (Reuters) - Le président russe Vladimir Poutine a réuni lundi le Premier ministre arménien et le président azerbaïdjanais pour la première fois depuis le conflit armé de l'automne entre leurs deux pays au sujet de la région du Haut-Karabakh, pour tenter de prévenir une remise en cause de l'accord de cessez-le-feu.

Conclu en novembre sous l'égide de Moscou, cet accord a mis fin à six semaines d'affrontements ayant fait des milliers de morts au sein des forces arméniennes et azerbaïdjanaises et dans la population civile. Il a aussi permis à l'Azerbaïdjan de conserver les territoires acquis au cours du conflit dans l'enclave séparatiste.

Mais les tensions persistent et les deux camps, qui détiennent toujours des prisonniers, restent en désaccord sur le fonctionnement du corridor reliant l'Arménie au Haut-Karabakh.

Reconnue par la communauté internationale comme partie intégrante de l'Azerbaïdjan, l'enclave est peuplée majoritairement d'Arméniens et était, jusqu'en octobre, contrôlée par les forces séparatistes arméniennes, qui ont été repoussées et acculées par les troupes azerbaïdjanaises.

Accueillant ses invités au Kremlin, Vladimir Poutine a déclaré que l'accord de novembre, qui prévoit le maintien d'une force de maintien de la paix russe, était en train d'être appliqué.

Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev ne se sont pas serré la main, se contentant de se saluer à distance avant de s'asseoir à une table ovale en face du président russe.

Pour Dimitri Trénine, analyste politique du Carnegie Center à Moscou, le Kremlin espère que les discussions de ce lundi lui permettront de réaffirmer son influence dans la région.

L'Azerbaïdjan est un proche allié de la Turquie dont le président Recep Tayyip Erdogan entend accroître le poids diplomatique et militaire hors de ses frontières.

"La mission de maintien de la paix est un avantage pour Moscou dans sa relation de compétition avec Ankara", a écrit Dimitri Trénine sur Twitter.

(Version française Marc Angrand)