Poutine menace l'Occident de représailles en cas de franchissement des "lignes rouges"

par Vladimir Soldatkin et Andrew Osborn
·2 min de lecture
POUTINE MENACE L'OCCIDENT DE REPRÉSAILLES EN CAS DE FRANCHISSEMENT DES "LIGNES ROUGES"

par Vladimir Soldatkin et Andrew Osborn

MOSCOU (Reuters) - Le président russe, Vladimir Poutine, a prévenu mercredi l'Occident qu'il devait s'abstenir de franchir des "lignes rouges", assurant que Moscou réagirait rapidement et durement à toute provocation qui obligerait ses auteurs à regretter leurs actes.

Les propos du chef du Kremlin interviennent dans un contexte de détérioration des relations avec l'Occident en raison notamment du conflit dans l'est de l'Ukraine, du différend sur le dossier de l'opposant russe Alexeï Navalny, d'accusations d'ingérence dans les élections américaines et d'actes de piratage informatique.

"Nous voulons de bonnes relations (...) et ne voulons vraiment pas couper les ponts", a déclaré Vladimir Poutine dans son discours annuel sur l'état de la Russie devant les deux chambres du Parlement.

"Mais si quelqu'un confond nos bonnes intentions avec de l'indifférence ou de la faiblesse et a l'intention de saccager ou même de faire sauter ces ponts, il doit savoir que la réponse de la Russie sera asymétrique, rapide et dure", a-t-il mis en garde.

La ligne rouge sera définie par la Russie dans chacun des dossiers, a-t-il ajouté, en point d'orgue d'un discours de 78 minutes dominé par la réponse de Moscou à la crise sanitaire due au nouveau coronavirus et aux difficultés économiques qui en ont résulté.

Vladimir Poutine n'a fait aucune mention d'Alexeï Navalny, qui purge une peine de deux ans et demi de prison à laquelle il a été condamné à son retour en Russie au début de l'année, alors que ses partisans ont appelé à manifester ce mercredi dans tout le pays afin qu'il reçoive un traitement médical approprié.

L'opposant russe a entamé une grève de la faim le 31 mars en accusant les autorités de la prison où il était détenu depuis fin février de refuser de le soigner correctement pour de fortes douleurs au dos et aux jambes.

Lioubov Sobol et Kira Larmych, deux proches du principal détracteur du président Vladimir Poutine, ont été arrêtées mercredi, selon leurs avocats.

L'ONG spécialisée OVD-Info a indiqué qu'au moins dix militants ont été arrêtés dans plusieurs régions russes en amont de la manifestation de ce mercredi.

Le groupe d'opposition Open Russia a fait part de son côté de l'arrestation de huit personnes dans la ville de Magadan, dans l'extrême-Est de la Russie.

Le gouvernement russe estime que la manifestation en faveur d'Alexeï Navalny est illégale.

(Gabrielle Tétrault-Farber, TomBalmforth, Polina Ivanova, rédigé par Mark Trevelyan; version française Claude Chendjou, édité par Jean-Stéphane Brosse)