Vladimir Poutine accorde la nationalité russe au lanceur d'alerte Edward Snowden

Ancien agent contractuel de la CIA et de la NSA, Edward Snowden, réfugié en Russie, s'explique régulièrement par vidéoconférence, sur sa décision de publier en juin 2013, une série de documents confidentiels, plaçant l'agence américaine au cœur d’un scandale d’envergure mondiale. - AFP Frederic Florin
Ancien agent contractuel de la CIA et de la NSA, Edward Snowden, réfugié en Russie, s'explique régulièrement par vidéoconférence, sur sa décision de publier en juin 2013, une série de documents confidentiels, plaçant l'agence américaine au cœur d’un scandale d’envergure mondiale. - AFP Frederic Florin

Le président Vladimir Poutine a accordé la nationalité russe au lanceur d'alerte et ancien employé de la NSA américaine Edward Snowden, réfugié en Russie depuis 2013 après avoir quitté les Etats-Unis, selon un décret publié lundi. Le nom d'Edward Snowden apparaît aux côtés de dizaines d'autres dans ce décret publié sur le site du gouvernement russe.

Edward Snowden, 39 ans, est recherché par les Etats-Unis pour avoir transmis à la presse des dizaines de milliers de documents de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) prouvant l'ampleur de la surveillance électronique exercée par Washington. Ces révélations avaient alors suscité de très fortes tensions entre les Etats-Unis et leurs alliés, et la décision des autorités russes de lui accorder un permis de séjour avait provoqué la colère de Washington.

Edward Snowden se réjouit d'"un peu de stabilité"

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a précisé à l'agence Ria Novosti que la nationalité russe avait été accordée à Edward Snowden à sa propre demande, effectuée en 2020 pour faciliter les allers-retours de son épouse américaine, Lindsay Mills.

"Après des années à être séparés de nos parents, mon épouse et moi-même n'avons aucune envie d'être séparés de nos fils", a tweeté Edward Snowden. "Après deux ans d'attente et près de dix ans d'exil, un peu de stabilité fera une différence pour ma famille", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price, a indiqué lundi qu'Edward Snowden, toujours inculpé aux Etats-Unis, conservait sa citoyenneté américaine. "Je n'ai pas connaissance d'un quelconque changement de citoyenneté", a-t-il dit. "La seule chose qui a changé est qu'en conséquence de cette citoyenneté russe, apparemment il pourrait maintenant être mobilisé pour combattre dans cette guerre irresponsable" en Ukraine, a-t-il ajouté.

L'avocat russe du lanceur d'alerte, Anatoli Koutcherena, a au contraire précisé qu'Edward Snowden, n'ayant pas servi dans l'armée russe, ne serait pas concerné par l'ordre de mobilisation décrété par Vladimir Poutine la semaine dernière pour certaines catégories de Russes. Selon lui, Lindsay Mills, a également demandé à recevoir la nationalité russe.

La Maison Blanche veut toujours le traduire devant les tribunaux

Edward Snowden, privé de son passeport américain sur demande de Washington, s'était retrouvé à Moscou en mai 2013 après y être arrivé depuis Hong Kong et dans l'intention de trouver refuge en Amérique latine. Il s'était finalement retrouvé bloqué en Russie, où il a obtenu l'asile. Il a épousé Lindsay Mills en 2017 et le couple a depuis eu deux fils.

En 2020, à la naissance du premier, Edward Snowden avait expliqué demander la nationalité russe pour que la famille puisse être ensemble plus facilement, notamment face aux restrictions anti-Covid à l'époque. "Lindsay et moi resterons américains", avait-il toutefois précisé, "en élevant notre fils avec toutes les valeurs de l'Amérique que nous aimons, y compris la liberté de dire ce que l'on pense". "Et j'attends avec impatience le jour où je pourrai retourner aux Etats-Unis, afin que toute la famille puisse être réunie."

La porte-parole de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre n'a pas directement réagi, rappelant les charges pesant contre lui et renvoyant en conséquence au ministère de la Justice. "M. Snowden devrait rentrer aux Etats-Unis et y faire face à la justice comme n'importe quel autre citoyen américain", a dit Ned Price.

Article original publié sur BFMTV.com