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« Pourquoi je vais bloquer l’A9 » : Anthony, viticulteur, rejoint le mouvement des agriculteurs

Anthony Bafoil, viticulteur à Ribaute-les-Tavernes, à 35 km de Nîmes (Gard).  - Credit:H. F.
Anthony Bafoil, viticulteur à Ribaute-les-Tavernes, à 35 km de Nîmes (Gard). - Credit:H. F.

« On est déterminés. La misère, ça soude les gens. Et ils n'ont rien à perdre. » Jeudi matin, les agriculteurs du Gard vont entrer à leur tour dans la danse, et Anthony Bafoil, viticulteur à Ribaute-les-Tavernes, à 35 km de Nîmes (Gard), en sera. À l'aube, le quadragénaire, qui fêtera ce jour-là ses 45 ans, enfourchera son rutilant tracteur et convergera, avec ses collègues, vers la chambre d'agriculture du Gard, dans une zone d'activité au sud de Nîmes.

Puis des centaines de tracteurs – les représentants syndicaux en espèrent 500, du jamais-vu – entreront sur l'autoroute A9 et paralyseront complètement cet axe vital entre la France et l'Espagne, et son trafic de plus de 30 000 véhicules par jour. « On prévoit aussi de monter sur la voie ferrée », prévient l'agriculteur, président de sa cave coopérative, à Lédignan, et du comité territorial de la coopération agricole pour le Gard et l'Occitanie.

Sécheresse et gel

À Perpignan (Pyrénées-Orientales), où les agriculteurs ont mené une action similaire sur l'autoroute, des heurts ont eu lieu avec les forces de l'ordre. À Pamiers, dans l'Ariège, une voiture a percuté un barrage, tuant une agricultrice et sa fille et blessant grièvement le père de famille. « C'est plus que malheureux », déplore Anthony Bafoil.

« On ne demande pas grand-chose : juste que l'État arrête de nous casser les pieds et qu'on puisse vivre de nos produits et de notre travail. » Il l'assure : « Ce n'est pas un plaisir d'aller manifester, de blo [...] Lire la suite