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Pourquoi Trump sèche à son nouveau procès civil pour fraudes financières

Accusé de de fraudes financières répétées dans les années 2010, l’ancien président des Etats-Unis, désormais âgé de 77 ans, a déclaré qu’il n’a « plus rien à dire » à son procès.
EDUARDO MUNOZ ALVAREZ / AFP Accusé de de fraudes financières répétées dans les années 2010, l’ancien président des Etats-Unis, désormais âgé de 77 ans, a déclaré qu’il n’a « plus rien à dire » à son procès.

ETATS-UNIS - « Plus rien à dire ». Alors que son témoignage était attendu ce lundi 11 décembre lors de son procès civil pour fraudes financières, Donald Trump a créé la surprise ce dimanche en changeant de stratégie. Dans une déclaration sur son réseau social Truth Social, l’ancien président des États-Unis a indiqué qu’il ne se présenterait pas à la barre, car il n’a « plus rien à dire » et qu’il avait « déjà témoigné de tout ».

Le procès en question vise non seulement l’homme d’affaires, mais aussi ses fils aînés Donald Jr et Eric, ainsi que plusieurs dirigeants de la Trump Organization. Ces derniers sont accusés d’avoir gonflé de manière colossale durant les années 2010 la valeur des gratte-ciel, hôtels de luxe ou golfs au cœur de l’empire Trump, pour obtenir des prêts plus favorables de la part des banques et de meilleures conditions d’assurance.

Possible liquidation de la Trump Tower

Depuis le début du procès, le 2 octobre, le milliardaire républicain a tempêté contre la justice à chacune de ses venues au tribunal, dénonçant une « chasse aux sorcières » ou un « procès digne de républiques bananières ». Après des attaques contre sa greffière, le juge a interdit à Donald Trump de s’exprimer sur son équipe et lui a imposé deux amendes d’un total de 15 000 dollars pour avoir violé cet ordre.

Contrairement aux procès pénaux qui l’attendent en 2024, dont celui pour ses manœuvres présumées visant à inverser le résultat de la présidentielle de novembre 2020, Donald Trump ne risque pas de peine de prison dans cette affaire civile. Mais il joue gros, et l’affaire est mal engagée.

Avant même l’ouverture des débats, le juge Arthur Engoron avait estimé fin septembre que l’accusation présentait « des preuves concluantes qu’entre 2014 et 2021, les prévenus ont surévalué les actifs » du groupe de « 812 millions (à) 2,2 milliards de dollars » selon les années, dans les chiffres inscrits sur les états financiers annuels de Donald Trump.

En conséquence de « fraudes répétées », il a ordonné la liquidation des sociétés gérant ces actifs, comme la Trump Tower sur la 5e Avenue de New York ou le gratte-ciel bientôt centenaire du 40 Wall Street. Des mesures suspendues en appel.

Surévaluation tactique de la valeur de l’empire Trump

Le procès porte sur plusieurs autres délits, comme des fraudes aux assurances, et sur les pénalités financières réclamées par le parquet général de l’État de New York, qui demande 250 millions de dollars. Les avocats de Donald Trump dénoncent un dossier vide.

Ils assurent que des évaluations immobilières sont forcément subjectives et que les banques, dûment remboursées, ont réalisé de bonnes opérations financières. Ces dernières semaines, des témoins cités par la défense, dont un actuel et une ancienne cadre de la Deutsche Bank, l’un des établissements prêteurs, sont allés dans ce sens.

Mais selon un autre banquier d’investissement, le patron de M.M. Dillon & Co., Michiel McCarty, les banques auraient pu décider de fixer des taux d’intérêt plus élevés si elles avaient eu à disposition une photographie moins reluisante de la situation financière de Donald Trump. Il a évalué les pertes en intérêts à 168 millions de dollars de 2014 à 2023, un calcul contesté par la défense.

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