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Pourquoi le tardigrade est-il indestructible ?

On les trouve partout sur terre, des profondeurs marines aux sommets les plus hauts.

Les tardigrades ne mesurent pas plus d’un millimètre, mais ces petites créatures dodues à huit pattes sont indestructibles.

L’hebdomadaire britannique spécialisé en sciences New Scientist révèle le secret de leur résistance.

On savait que dans certaines conditions extrêmes les tardigrades sont capables de se “ratatiner en une boule desséchée, qu’on appelle un ‘tonnelet’ [‘tun’ en anglais], et d’entrer dans un état d’hibernation profonde”, détaille New Scientist. Pour la première fois, des chercheurs de plusieurs universités américaines dont l’étude a été publiée dans la revue scientifique Plos One ont compris ce qui conduisait à cette transformation.

Il existe plus de 1 300 espèces de tardigrades. On en trouve partout sur terre : dans l’eau, sur les pierres, dans les mousses… . PHOTO THOMAS SHAHAN/WIKIMEDIA
Il existe plus de 1 300 espèces de tardigrades. On en trouve partout sur terre : dans l’eau, sur les pierres, dans les mousses… . PHOTO THOMAS SHAHAN/WIKIMEDIA

“De minuscules capteurs moléculaires présents dans leurs cellules sont capables de détecter le moment où celles-ci produisent trop de radicaux libres, des molécules nocives.”

L’hebdomadaire britannique spécialisé
en sciences “New Scientist”

Tardigrade “Hypsibius dujardini” vu au microscope électronique. Il ressemble à un gnocchi avec des pattes mais aussi à un “petit ourson d’eau” ou à un “porcelet de mousse”, ses surnoms les plus communs. . PHOTO WILLOW GABRIEL, GOLDSTEIN LAB/WIKIMEDIA
Tardigrade “Hypsibius dujardini” vu au microscope électronique. Il ressemble à un gnocchi avec des pattes mais aussi à un “petit ourson d’eau” ou à un “porcelet de mousse”, ses surnoms les plus communs. . PHOTO WILLOW GABRIEL, GOLDSTEIN LAB/WIKIMEDIA

Les radicaux libres sont à l’origine de l’oxydation de la cystéine, un acide aminé que l’on retrouve dans les protéines.

Cela finit par provoquer la déshydratation du minuscule invertébré, le repli de ses pattes et sa transformation en boule.

Lorsque la situation s’améliore, “la cystéine n’est plus oxydée, ce qui indique au tardigrade de sortir de son état de tonnelet”, explique l’hebdomadaire scientifique.

Cette capacité de résistance exceptionnelle a permis à ce minuscule invertébré de survivre à cinq extinctions de masse au cours des 600 derniers millions d’années.

Mais aussi à toutes les expériences des chercheurs qui lui ont fait subir le pire : le vide, une pression phénoménale, les rayons X, le zéro absolu (−273 °C), des températures brûlantes et même des balles de pistolet tirées à 2 000 km/h ou encore un voyage dans l’espace.

Avant de s’en prendre à lui, les scientifiques l’ont affublé de surnoms adorables.

En 1773, le zoologiste allemand Johann Goeze, qui l’observe pour la première fois au microscope, l’appelle kleiner Wasserbär, “petit ourson d’eau”.

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