Pourquoi tant de cultures sont-elles fascinées par les dragons ?

Photo Rodin Eckenroth/AFP

Le décor est déjà planté, alors que le troisième épisode de House of the Dragon sera diffusé lundi 5 septembre sur OCS. Même si cette nouvelle adaptation de l’œuvre de George R. R. Martin se déroule près de deux siècles avant Game of Thrones, son univers d’armures médiévales, de châteaux forts et d’épées ensanglantées ne change guère, à ceci près que les dragons occupent bien plus de place dans le ciel de Westeros et d’Essos, les deux grands continents de la saga.

House of the Dragon “va attirer davantage d’attention” sur un animal fantastique qui “fascine des gens partout dans le monde avec ses pouvoirs légendaires”, avance Emily Zarka dans The Conversation. Selon cette chercheuse en littérature britannique à l’Arizona State University, le reptile mythique a quelque chose du caméléon, il s’adapte à différents contextes et prend des formes très variables :

“En tant que spécialiste des monstres, j’ai découvert que les dragons étaient un symbole presque universel, utilisé par bien des civilisations.”

Ce grand cracheur de feu, du moins dans la tradition européenne, se rencontre dans quantité de religions et de cultures, où il apparaît sous des visages très différents (il est parfois volontiers une créature aquatique en Asie de l’Est, par exemple). On le trouve dans l’Enuma Elish, l’épopée babylonienne de la création du monde qui a été écrite entre 2000 et 1000 avant notre ère, mais également dans l’astrologie ancestrale chinoise, les cultes d’Anatolie, les mythes sumériens, les sagas germaniques, le shintoïsme japonais ou les écritures abrahamiques.

Aussi, écrit Emily Zarka, “la présence répétée et importante de la créature dans différentes religions et cultures soulève une question importante : pourquoi les dragons ont-ils fait leur apparition ?” Seulement, les réponses à cette question sont presque aussi nombreuses que les religions et les cultures en question.

Notre peur des prédateurs

D’abord, poursuit l’universitaire, “une théorie proposée depuis longtemps” s’en remet à des causes “naturelles”. Le dragon n’a bien sûr jamais existé, mais il a pu être imaginé à partir d’animaux semblables, de dépouilles de bêtes non identifiées ou de phénomènes biologiques mystérieux. Il se peut même, selon un article scientifique publié en 2020, que le fossile d’une espèce éteinte de plante, le lépidodendron, ait été pris pour des restes de dragon.

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