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Les policiers de la Brav-M, enregistrés à Paris identifiés, mais pas suspendus

Les policiers à l’origine de menaces envers de jeunes manifestants la semaine dernière à Paris lors d’une manifestation sauvage contre la réforme des retraites ont été formellement identifiés ce lundi 27 mars.
Les policiers à l’origine de menaces envers de jeunes manifestants la semaine dernière à Paris lors d’une manifestation sauvage contre la réforme des retraites ont été formellement identifiés ce lundi 27 mars.

Les policiers ont été enregistrés alors qu’ils menaçaient des manifestants contre la réforme des retraites. Il s’agit de membres de la 21e compagnie d’intervention en formation BRAV-M.

POLICE - Insultes, coups, menaces et intimidations… Un enregistrement sonore accablant pour la Brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M) avait été rendu public vendredi 24 mars par Le Monde et Loopsider. Les policiers à l’origine de ces menaces envers de jeunes manifestants la semaine dernière à Paris lors d’une manifestation sauvage contre la réforme des retraites ont été formellement identifiés comme des membres de cette formation, ont déclaré ce lundi 27 mars des sources proches du dossier.

« Il s’agit de membres de la 21e compagnie d’intervention en formation BRAV-M », les unités de policiers à moto chargés du maintien de l’ordre au cœur de polémiques sur la répression violente des manifestations, selon une des sources. « Ils n’ont pas été suspendus jusque-là », a dit une autre source proche du dossier.

« Évidemment, il y aura des sanctions »

Seront-ils engagés ce mardi 28 mars pour la 10e journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites ? « Ils n’étaient pas prévus dans une BRAV-M », a commenté l’une des sources. « Évidemment, il y aura des sanctions », avait déclaré samedi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Vendredi, le préfet de police de Paris a annoncé avoir saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après la diffusion d’un enregistrement audio, obtenu par le journal Le Monde et le média en ligne Loopsider, dans lequel on entend des policiers, présentés comme des membres de la BRAV-M (Brigade de répression des actions violentes motorisée), tenir des propos insultants et humiliants envers sept jeunes manifestants qu’ils venaient d’interpeller.

« La prochaine fois qu’on vient, tu monteras pas dans le car pour aller au commissariat, tu vas monter dans un autre truc qu’on appelle ambulance pour aller à l’hôpital », menace notamment l’un des fonctionnaires. Deux bruits, qui peuvent être ceux de gifles, sont également audibles.

Une enquête judiciaire ouverte

Le parquet a, de son côté, ouvert samedi une enquête judiciaire après un signalement reçu dans l’après-midi. Un jeune homme de 23 ans et une jeune femme de 22 ans, membres du groupe d’interpellés, ont déposé lundi des plaintes, consultées par l’AFP.

La plainte du premier, un étudiant tchadien prénommé Souleyman, vise notamment des faits d’« agression sexuelle commise par personne dépositaire de l’autorité publique en réunion ». Il rapporte qu’un policier l’a « attrapé par le sexe » et l’a insulté en lui indiquant « t’as même pas de couilles ». Réclamé par plusieurs députés de la France insoumise (LFI), le démantèlement de la BRAV-M n’est « pas à l’ordre du jour », a dit samedi le préfet de police.

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