Policiers brûlés à Viry-Châtillon: le verdict suscite l'indignation de syndicats policiers

Mélanie Rostagnat avec AFP
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La cour d'assises des mineurs de Paris a condamné en appel cinq jeunes à des peines allant de 6 à 18 ans de réclusion pour la violente agression de policiers à Viry-Châtillon en 2016, et en a acquitté huit autres.

Le syndicat Unité SGP Police, partie civile dans le procès en appel de la violente agression de policiers à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, en 2016, a estimé "incompréhensible" les huit acquittements et les peines prononcées lors du verdict, moins sévères qu'en première instance.

"Le verdict dans le procès de Viry-Châtillon est incompréhensible et laisse les victimes et de nombreux policiers très amers et en colère", a déclaré Grégory Joron, secrétaire général délégué d'Unité, cité dans un communiqué publié ce dimanche.

De la colère et de la déception

Dans la nuit de samedi à dimanche, la cour d'assises des mineurs de Paris a condamné cinq jeunes à des peines allant de 6 à 18 ans de réclusion et acquitté les huit autres accusés. Ils encouraient la réclusion criminelle à perpétuité.

"Il y a de la colère, beaucoup de déception. Avec les mêmes preuves, on se retrouve avec moins de coupables et des peines moins lourdes qu'en première instance", a réagi Grégory Joron auprès de l'AFP.

Lors du premier procès, huit accusés avaient été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de 10 à 20 ans de prison. Cinq autres avaient été acquittés.

Une forme de "naufrage"

Les 13 jeunes, âgés de 16 à 21 ans au moment des faits, étaient accusés d'avoir fait partie de la vingtaine de personnes encagoulées qui, le 8 octobre 2016, avaient attaqué aux cocktails Molotov deux voitures de police stationnées à proximité du quartier sensible de la Grande Borne.

Deux policiers, un homme et une femme, avaient été gravement brûlés. L'un d'eux, adjoint de sécurité, avait été plongé plusieurs semaines dans le coma et porte, plus de quatre ans après les faits, encore les marques de l'agression sur son visage. 

"Aujourd'hui, je pense à mes collègues victimes, laissés à leur sort, qui ne doivent pas se sentir réparés à la hauteur du préjudice qu'ils ont subi", a déploré Grégory Joron. "Quand on voit à la fin les insultes, les bagarres, ça laisse penser, quoi qu'on en dise, à une forme de naufrage", a-t-il ajouté, faisant référence à la bagarre générale qui a éclaté lors de la lecture du verdict et qui a nécessité l'intervention d'une trentaine de policiers et gendarmes.

Appel à un rassemblement mardi à Paris

Après cette décision "écœurante et inquiétante qui va laisser des traces, les violences, les jets de cocktails Molotov, les tirs de mortiers vont continuer, rien ne va changer", a pour sa part regretté Guillaume Roux secrétaire départemental de l'Essonne du syndicat Unité SGP Police-FO.

Pour son homologue du syndicat Alliance dans l'Essonne, Claude Carillo, il s'agit également d'un "verdict choquant" : "pour mettre fin à toutes formes de délinquances, il faut des sanctions fermes et exemplaires". 

Le syndicat a appelé à des rassemblements mardi à 12H30 devant le palais de justice de Paris, sur l'île de la Cité, ainsi que devant tous les tribunaux judiciaires de métropole et d'outremer.

Article original publié sur BFMTV.com

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