Un policier soupçonné de radicalisation porte plainte contre Castaner pour "discrimination"

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Christophe Castaner, ancien ministre de l'Intérieur. - Ludovic Marin - AFP
Christophe Castaner, ancien ministre de l'Intérieur. - Ludovic Marin - AFP

Un capitaine de police, un temps suspendu pour des soupçons de radicalisation juste après la tuerie de la préfecture de police en 2019, a déposé plainte pour "discrimination" auprès de la Cour de justice de la République (CJR) contre le ministre de l'Intérieur de l'époque Christophe Castaner, selon ses avocats.

Selon la plainte révélée par Libération et consultée lundi par l'AFP, Hervé C. a déposé plainte le 17 novembre pour "discrimination à raison de l'appartenance à une religion déterminée" et "harcèlement moral" auprès de la commission des requêtes de la CJR, seule juridiction habilitée à poursuivre et juger les membres du gouvernement pour les crimes et délits commis "dans l'exercice de leurs fonctions". Il conteste sa suspension suivie de sa mutation dans un autre service qui serait moins sensible, selon lui non-fondées.

"Dénoncé" par des collègues

Agé de 41 ans, policier depuis 2004 et converti à l'islam, Hervé C. travaillait depuis juin 2019 au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions terroristes (FIJAIT) à la police judiciaire de Paris.
Des collègues l'ont "dénoncé" à sa hiérarchie comme potentiellement radicalisé les 6 et 7 octobre 2019, soit quelques jours après que Mickaël Harpon, un informaticien de la préfecture de police converti à l'islam, a tué quatre de ses collègues.

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Hervé C., défendu par Maîtres Hélène Jouny et Anass Khafif, a été suspendu par le ministère de l'Intérieur le 28 octobre 2019, puis réintégré le 28 février 2020, mais muté comme chef de groupe fraude fiscale et TVA. Dans un mémoire adressé en juin 2021 au tribunal administratif, qui doit se prononcer sur le voeu du capitaine de réintégrer FIJAIT, le ministère de l'Intérieur évoquait "une pratique religieuse radicale, incompatible avec la vie de l'unité et au-delà même avec les exigences de laïcité de ses missions républicaines et de service public".

"Aucun manquement" ou "prosélytisme" selon un rapport de police

Or, souligne Hervé C., un rapport de la police des polices (l'IGPN) rendu le 8 juin 2020 dans le cadre d'une enquête administrative, concluait qu'il n'avait "mis en lumière aucun manquement" ni "aucun prosélytisme", que les "ressentis et inquiétudes" des agents ne paraissaient pas liés "à des éléments factuels et concrets", et que sa suspension "n'était adossée à aucun fait ni comportement contemporain".

Selon lui, l'arrêté ministériel de suspension est donc "discriminatoire à raison de l'appartenance religieuse" et sa mutation a traduit "le refus du ministre de l'Intérieur de laisser une personne de confession musulmane en charge du fichier FIJAIT", alors qu'il ne présentait "aucun signe de radicalisation" et avait reçu des "notations excellentes".

Hervé C. a par ailleurs déposé plainte contre X fin octobre auprès du parquet de Paris pour "discrimination".

Article original publié sur BFMTV.com

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