"La police a tué et elle tue": Darmanin annonce un dépôt de plainte contre Poutou

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Philippe Poutou lors de son passage dans L'Emission politique de France 2, le 20 avril 2017. - Martin BUREAU / POOL / AFP
Philippe Poutou lors de son passage dans L'Emission politique de France 2, le 20 avril 2017. - Martin BUREAU / POOL / AFP

Gérald Darmanin, a annoncé ce jeudi son intention de déposer plainte contre le candidat du NPA à la présidentielle Philippe Poutou, qui avait affirmé la veille qu'une "quinzaine de jeunes (étaient) tués par la police annuellement".

"Les propos de M. Poutou envers la police sont insultants et indignes d'un élu de la République. Au nom du ministère, et pour défendre l'honneur de tous les policiers, je dépose plainte", a indiqué le ministre de l'Intérieur sur son compte Twitter.

La plainte sera déposée pour "injure publique", a précisé son entourage à l'AFP.

"La police tue, évidemment la police tue", avait affirmé mercredi soir Philippe Poutou sur franceinfo.

"Steve (Maia Caniço) à Nantes, à Marseille pendant une manif des gilets jaunes une dame qui fermait ses volets, Rémi Fraisse il y a quelques années... Il faudrait voir les chiffres précisément mais dans les quartiers populaires, c'est une quinzaine de jeunes qui sont tués par la police annuellement", a-t-il poursuivi.

"La police a tué et elle tue. Après, on peut discuter: assassinat, meurtre, accident ou bavure, ou légitime défense bien sûr", a ajouté Philippe Poutou.

Steve Maia Caniço, un animateur de 24 ans, a disparu après une opération policière destinée à faire cesser une soirée électro en bord de Loire dans la nuit du 21 au 22 juin 2019. Son corps avait été retrouvé le 29 juillet. Un sous-préfet et un commissaire de police ont été mis en examen pour homicide involontaire dans ce dossier.

A Marseille, début décembre 2018, Zineb Redouane, une Algérienne de 80 ans, est décédée après avoir été atteinte au visage par des éclats de grenade lacrymogène dans son appartement du 4e étage, lors d'une manifestation des "gilets jaunes". L'enquête, dépaysée à Lyon, est en cours.

Rémi Fraisse, un jeune militant écologiste, a été tué par une grenade offensive en 2014 lors de violents affrontements sur le chantier du barrage controversé de Sivens (Tarn). La Cour de cassation a définitivement validé le 23 mars le non-lieu rendu en janvier 2018 en faveur du gendarme ayant lancé la grenade.

Darmanin dénonce des propos "inacceptables" tenus à Cachan

Philippe Poutou, conseiller municipal de Bordeaux, était interrogé sur les violences policières à la suite de propos controversés d'un adjoint (LFI) à la mairie de Cachan (Val-de-Marne).

"Je croyais que le but de la police, c'était de protéger la population, pas nécessairement de posséder des armes pour la tuer, parce que c'est ça la signification en bon français courant", a déclaré l'adjoint, Dominique Lanoë, lors du conseil municipal du 30 septembre.

Dans un communiqué diffusé mercredi, la ville de Cachan a dénoncé un "montage vidéo (...) altérant volontairement la réalité des propos et des faits de cette séance publique". "Des propos non-maîtrisés ont été tenus" à la faveur d'un débat lancé par les "élus d'opposition sur l'armement de la police municipale", a-t-elle ajouté.

Gérald Darmanin a demandé mercredi soir à la maire PS de Cachan des explications sur ces propos "inacceptables", dans une lettre dont l'AFP a eu connaissance.

L'Unsa-Police s'insurge contre des propos "outrageants"

Sur notre antenne, le secrétaire général adjoint du syndicat Unsa-Police, Thierry Clair, a dénoncé ce jeudi des propos "totalement lamentables (...) vraiment outrageants, diffamants. La police, elle ne tue pas, la police elle sauve des vies, la police elle intervient tous les jours", a-t-il répliqué, saluant la "réactivité du ministre de l'Intérieur".

Dans un communiqué publié après l'annonce de Gérald Darmanin, le NPA fustige un ministre de l'Intérieur qui "cède aux pressions des syndicats de policiers", voyant "une énième tentative d'intimidation (...) venue de syndicats d'extrême droite et d'un ministre à leurs ordres, qui vise à faire taire toutes celles et tous ceux qui dénoncent les violences policières et les crimes policiers".

Article original publié sur BFMTV.com

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