Police : les raisons d'un malaise profond

Par François-Guillaume Lorrain
·1 min de lecture
Affrontements entre policiers et manifestants lors de la Marche des libertés, samedi 28 novembre à Paris.  
Affrontements entre policiers et manifestants lors de la Marche des libertés, samedi 28 novembre à Paris.

Rares sont les ouvrages qui se penchent sur le destin de la police. Des polices, devrait-on plutôt dire, tant cette maison a pris différentes formes, soumise à de multiples réformes et reconfigurations. Un collectif de quatre universitaires, dirigé par Vincent Milliot, vient d'en publier une histoire longue, depuis les débuts sous l'Ancien Régime. La partie contemporaine, rédigée par Emmanuel Blanchard, s'ouvre sous l'enseigne du malaise, à l'?uvre depuis les émeutes de février 1934, mais qui lui aussi se manifeste diversement selon les périodes. À l'ère du contrôle, de la distanciation à l'égard de la population, Blanchard remet en perspective les affaires récentes qui ébranlent cette institution.

Le Point : Comment expliquer la phase délicate que traversent les relations entre la police et le pouvoir exécutif ?

Emmanuel Blanchard : On se trouve dans une situation qui n'est pas sans rappeler d'autres époques (guerre d'Algérie, les lendemains de Mai 68) pendant lesquelles le pouvoir demandait beaucoup à sa police. Elle est mise en première ligne au sujet de questions telles que l'antiterrorisme, l'immigration ou la crise sanitaire, auxquelles il est apporté une réponse avant tout policière. Les forces de police se retrouvent ainsi en position de force à l'égard du pouvoir, qui à tant exiger d'elles ne peut imposer des réformes allant à leur encontre et est tenu de les « couvrir ». Par ailleurs, les gouvernements successifs, en demandant aux forces de police [...] Lire la suite