Le pleurote utilise une toxine pour tuer les vers dont il se repaît

PHOTO Vincent Kessler/REUTERS

Le pleurote en forme d’huître, Pleurotus ostreatus, est un champignon qui se déguste aussi bien poêlé qu’en risotto mais lui, que mange-t-il ? “Parmi la communauté des mycologues, le pleurote a une réputation bien plus sinistre que ce qu’on pourrait attendre d’un champignon servi lors de dîners raffinés, écrit le New York Times. Le pleurote est carnivore.”

Comme beaucoup d’organismes vivant en forêt, le pleurote est toujours à la recherche de sources d’azote. Le bois humide dont il se repaît habituellement en est pauvre, alors il doit diversifier ses sources. “Pour subvenir à ses besoins, le pleurote se nourrit de microscopiques nématodes, un type de ver. Quand l’un d’eux fait l’erreur de passer sur le champignon, le pleurote le paralyse et le tue, dévorant sa chair riche en azote à l’aide de ses hyphes [filaments microscopiques qui forment le mycélium]”, raconte le quotidien américain.

Une toxine volatile

Comme les plantes carnivores, certains champignons sont donc capables de se nourrir de chair. Le pleurote a une particularité, mise en évidence par une équipe taïwanaise et qui a donné lieu à une publication dans la revue Science Advances : il utilise une molécule, courante chez les plantes et les champignons, comme toxine. La 3-octanone, une molécule volatile appartenant à la famille des cétones, est responsable de la mort des vers imprudents.

“Une fois que la toxine atteint les neurones et les cellules musculaires du ver, le flux normal d’ions qui normalement traversent les membranes cellulaires se trouve déstabilisé et provoque une défaillance systémique”, explique le New York Times. Le ver meurt dans la minute après avoir été en contact avec la toxine. Le plus étonnant, selon les chercheurs, c’est que le pleurote “n’utilise cette stratégie que lorsque son environnement est pauvre en azote”. Les vers sont en quelques sortes un complément d’azote et non un repas à part entière.

Pour Yen-Ping Hsueh, auteure de la publication et chercheuse à l’institut de biologie moléculaire de l’Academia Sinica, à Taïwan, “comprendre comment le pleurote en est venu à utiliser cette substance comme toxine et ce qui déclenche la production de toxocystes [cellules contenant la toxine] ouvre des perspectives dans la lutte contre des nuisibles”.

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