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Plan de sobriété : le gouvernement mise tout sur la baisse des températures en intérieur

La baisse des températures dans les bâtiments publics comme privés est l’un des leviers les plus importants pour limiter la consommation d’énergie, affirme Agnès Pannier-Runacher.

POLITIQUE - Parmi le panier des mesures du plan sobriété du gouvernement, l’une d’entre elles est jugée « plus efficace, de loin » par la ministre en charge du dossier Agnès Pannier-Runacher : la baisse des températures dans les bâtiments publics et privés.

Mais sera-t-elle vraiment appliquée ? « La mesure la plus efficace, de loin, est de baisser le chauffage tout en respectant la consigne de 19 °C. C’est la plus grande source d’économie d’énergie », explique la ministre de la Transition énergétique mercredi 5 octobre dans une interview au Parisien la veille de la présentation du plan. Un propos répété ce jeudi sur RTL.

La limitation des températures entre 19° et 20 °C l’hiver et pas en dessous de 26 °C l’été est aussi la première des mesures que préconisent des chercheurs de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI). « C’est la plus grande source d’économie d’énergie, en particulier sur les bâtiments tertiaires où nous gérons des millions de mètres carrés, que ce soit l’État, les collectivités locales ou les entreprises », affirme aussi Agnès Pannier-Runacher au Parisien.

C’est loin d’être une découverte et sur le papier, l’État s’est emparé du sujet dès 1978. La limitation des températures à 19 °C dans des pièces occupées (16 °C pour les pièces inoccupées) a été inscrite dans le Code de l’énergie, tout comme la sanction de 1 500 euros pour les contrevenants.

Pas de police des températures

Dans la pratique en revanche, la mesure reste peu respectée, de l’aveu même d’Agnès Pannier-Runacher. Pour autant, le gouvernement n’envisage pas d’en faire une obligation, misant davantage sur le bon vouloir et l’implication de chacun.

« Il n’y a pas d’obligation au sens où il n’y aura pas de polices des températures. En revanche, ce sont des engagements qui sont pris par les entreprises, par l’État et par les collectivités locales », assume la ministre sur RTL. « Par exemple dans les collectivités locales, ce sera voté en conseil municipal ou départemental et ça a une certaine valeur. De même dans les entreprises, ce sera l’objet de négociations entre les organisations syndicales. »

Cette méthode « de bon sens » basée sur la concertation favorisera la mise en application de ces recommandations, veut croire Agnès Pannier-Runacher. « On donne aux entreprises un objectif de - 10 % de consommation d’énergie. Elles ont intérêt à la réaliser pour des raisons très simples : tout d’abord, parce que l’énergie leur coûte très cher en ce moment. Aussi parce que leurs clients et salariés, lors de recrutement demandent ce qu’elles font pour la planète », met-elle aussi en garde.

L’efficacité du plan sobriété sera étudiée « au fil de l’eau », avec « des tests dans certaines administrations » dont le ministère de la Transition énergétique. « Le président de la République a fixé un objectif de réduction de 40 % de consommation d’énergie d’ici à 2050 et ces 10 % en constituent la première marche », rappelle la ministre.

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