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Plan Ecophyto : huit associations écologistes claquent la porte d’une réunion avec le gouvernement

L’invitation à ce Comité d’orientation stratégique et de suivi  « ne contenait ni ordre du jour ni documents de travail transmis en préparation de cette réunion », reprochent les ONG invitées à cette réunion.
Luca Piccini Basile / Getty Images/iStockphoto L’invitation à ce Comité d’orientation stratégique et de suivi « ne contenait ni ordre du jour ni documents de travail transmis en préparation de cette réunion », reprochent les ONG invitées à cette réunion.

ÉCOLOGIE - Un nouveau contretemps pour le plan visant à limiter l’usage des pesticides. « Mis en pause » par le gouvernement sous la pression des agriculteurs, le plan national de réduction des pesticides, aussi appelé plan Ecophyto, était l’objet d’une importante réunion consultative organisée ce lundi 12 février au ministère de l’Agriculture. Problème. Les huit ONG environnementales conviées ont décidé de claquer la porte.

Le plan Écophyto mis sur « pause » : énième contretemps pour un projet en souffrance depuis ses débuts ?

Venues assister à ce comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) du plan Ecophyto, les ONG, parmi lesquelles Générations Futures, le WWF France, la Fondation pour la Nature et l’Homme et la LPO, dénoncent le manque de préparation et d’organisation. Selon elles, le COS « ne contenait ni ordre du jour ni documents de travail transmis en préparation de cette réunion ».

« Les conditions de travail n’étaient pas réunies pour entamer le dialogue » sur l’avenir du plan Ecophyto, a également déclaré à l’AFP Sandrine Bélier, directrice d’Humanité et Biodiversité. Et dans un communiqué publié par Générations Futures, il est expliqué que les associations souhaitaient « lire une déclaration commune avant de quitter la salle pour manifester leur opposition à ce déni démocratique ». Ce qui leur a été refusé.

« Un départ » inacceptable

Le ministère de l’Agriculture s’est permis de réagir à ce départ soudain des ONG, en commençant par rappeler que les associations ont été reçues « spécifiquement par les 4 ministres avant la réunion pour entendre leurs attentes ».

Pourtant, une fois la réunion commencée, « elles ont exprimé (...) leur volonté de ne pas dialoguer ni participer, mais d’effectuer une déclaration ». Une demande refusée par l’exécutif au motif que le format COS ne devait pas devenir une « tribune où chacun lit une déclaration sans écouter les autres ».

Le ministère a donc refusé cette demande, estimant qu’il est « n’est pas acceptable, alors qu’aucune décision n’a été prise, de quitter une réunion d’échange et de concertation » et ajoute que les « ONG se sont privées de la possibilité de faire valoir leurs points de vue ».

« Cela a été refusé par le Ministre de l’Agriculture, incité par un représentant de la Coordination Rurale », précise de son côté Générations Futures à l’intérieur de son communiqué, où la déclaration complète a été publiée. Cette réunion était une « mascarade » selon François Veillerette, porte-parole de Générations Futures qui s’est exprimé auprès de l’AFP.

Date butoir le 24 février

Ces ONG environnementales siègent aux côtés d’élus, de syndicats, de représentants de l’agriculture et de l’industrie au sein de ce comité chargé de voter des avis sur l’élaboration du plan de réduction de l’usage des pesticides.

Ce dernier, qui vise une réduction de moitié de l’utilisation des pesticides d’ici 2030 (par rapport à 2015-2017), avait été suspendu par le Premier ministre Gabriel Attal pour calmer la colère agricole, « le temps de mettre en place un nouvel indicateur » qui remplacerait le Nodu, principal outil de mesure français.

Mais juste avant cette réunion, les ONG avaient déclaré que le maintien du Nodu était une « ligne rouge » et que sa remise en cause était « un cadeau à l’agriculture industrielle plus qu’aux agriculteurs dans leur diversité, alors que le monde agricole disait vouloir du soutien, pas des pesticides », selon Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF.

Dimanche 4 février, le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu avait confirmé que le plan Ecophyto était sur pause jusqu’au 24 février, jour de l’ouverture du Salon de l’Agriculture et date butoir choisie par les agriculteurs pour voir se concrétiser les annonces de Gabriel Attal.

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