Pierre-Antoine Delhommais – La revanche de l’industrie

Par Pierre-Antoine Delhommais
Fabrication de respirateurs réanimateurs au sein de l'usine Air Liquide à Anthony.
Fabrication de respirateurs réanimateurs au sein de l'usine Air Liquide à Anthony.

Avec les pénuries de masques, de tests, de vaccins, avec les déboires de Sanofi vécus comme une humiliation nationale, la pandémie a fait prendre pleinement et douloureusement conscience aux Français de la désertification industrielle du pays. De ce que la croissance économique y était désormais plus dépendante de la venue des touristes chinois que du travail des ouvriers en usine, plus dépendante du taux de remplissage des hôtels-restaurants que du taux d'utilisation des capacités de production. Le Covid-19 a confirmé la vision « houellebecquienne » d'une économie française se transformant en vaste musée, en parc de loisirs géant, tendance que l'Insee décrivait depuis des années de façon moins romanesque mais également très parlante.

Depuis 1990, le poids de l'industrie manufacturière a été divisé par près de deux, sa part dans la valeur ajoutée de l'ensemble de l'économie tombant de 21 à 13 % tandis que le nombre d'emplois industriels reculait de 4,7 à 3,2 millions. « Nous avons laissé partir nos usines, nos compétences, des filières entières depuis vingt à trente ans ». Le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, constate les dégâts et évoque « un scandale économique et une faute politique dont nous sommes tous collectivement responsables ».

Par tous les moyens et quoi qu'il en coûte

Il est vrai que cette mort à petit feu d'une industrie associée dans l'imaginaire collectif à l'exploitation du salarié, à la pénibilité du travail et à une pollution intense [...] Lire la suite