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Picasso sait (vraiment) tout faire !

« Portrait de Françoise [Gilot] » (20 mai 1946). - Credit:Mathieu Rabeau
« Portrait de Françoise [Gilot] » (20 mai 1946). - Credit:Mathieu Rabeau

Il faut courir le risque de trouver porte close – une grève tournante paralyse le musée depuis octobre – et se rendre toutes affaires cessantes au Centre Georges-Pompidou ! Car « Picasso. Dessiner à l'infini » est une relecture magistrale d'une œuvre que l'on croit à tort connaître par cœur, une affirmation joyeuse et sensuelle de sa beauté étourdissante. Passer par le dessin permet, expliquent de concert les commissaires Anne Lemonnier et Johan Popelard, d'aller « au contact du processus de création, de voir la pensée à l'œuvre directement par la main ». Il s'agit, autrement dit, de rentrer dans l'esprit de l'artiste, ou plutôt dans son cerveau puisque Picasso pense, vit, respire le dessin.

L'exposition présente ainsi une série de portraits – horodatés de la main de Picasso lui-même – de Françoise Gilot. Voici la muse dans la splendeur de ses jeunes années en trois instantanés d'un même jour d'avril 1946 : à 15 h 40, à 16 h 10, puis un peu avant 19 heures. Trois visages, trois expressions – douce, majestueuse, mélancolique… On a l'impression d'une indiscrétion, comme si on avait surpris les amants dans leur intimité. Un mois plus tard, le 20 mai, vient l'aboutissement de la réflexion, ce chef-d'œuvre qu'est la Françoise au regard triste et à la chevelure tourbillonnante, visage posé sur un bras droit comme une colonne.

  •  - Credit:&copy© RMN - Grand Palais - Mathieu Rabeau
    - Credit:©© RMN - Grand Palais - Mathieu Rabeau
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    - Credit:©© RMN - Grand Palais - Mathieu Rabeau

    « Work in progress ». « Le Taureau » (de g. à dr. : 4e, 8e et 9e états, 22 décembre 1945).&copy© RMN - Grand Palais - Mathieu R [...] Lire la suite