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Ils piègent leurs victimes sur un site de rencontre et les agressent: 4 hommes mis en examen

"Retrouvez vos amis, multipliez les rencontres et développez votre réseau de connaissances", promet le site. C'est sur coco.fr, un chat en ligne gratuit, à l'interface surannée, que quatre hommes de la région grenobloise sont soupçonnés d'avoir repéré leurs proies - au moins sept victimes, toutes des hommes.

"Les victimes ont été dépouillées de leurs biens par leurs agresseurs qui se sont montrés très violents, utilisant des armes telles que des pistolets, des tasers ou des poings américains", indique le procureur de la République de Grenoble, Eric Vaillant, confirmant une information du Dauphiné Libéré.

Leur mode opératoire ne varie pas: après avoir engagé la conversation, les suspects donnent rendez-vous à leur interlocuteur. Une fois face à lui, ils le passent à tabac et le volent. Au mois de novembre dernier, un homme d'une quarantaine d'années, grièvement atteint dans ce déchaînement de violence, est mort de ses blessures.

Hameçonnage et "escroqueries sophistiquées"

Sa violente agression déclenche l'ouverture d'une enquête par le parquet de Grenoble, confiée aux services de la sûreté départementale de l'Isère. C'est alors que les enquêteurs font le rapprochement avec six autres attaques similaires signalées au cours des derniers mois dans les mêmes environs du campus de Saint-Martin-d'Hères.

Grâce à de minutieuses investigations, les policiers parviennent à remonter jusqu'à leurs suspects: quatre hommes, deux mineurs et deux majeurs, âgés de 17 à 21 ans. Ils s'aperçoivent ainsi que ces individus ne se contentent pas seulement des arnaques via le chat en ligne.

"Il apparaît qu'ils ont récemment changé de mode opératoire et s'adonnent à des escroqueries sophistiquées en hameçonnant des victimes par le biais de SMS frauduleux (Crit'Air, eSIM...) leur permettant d'acheter en masse des cryptomonnaies dont le montant total reste à déterminer", souligne Eric Vaillant.

Ce lundi matin, les quatre suspects ont été arrêtés à leurs domiciles respectifs dans l'agglomération grenobloise et placés en garde à vue.

"Lors des perquisitions effectuées, des éléments intéressant l'enquête ont été saisis et placés sous scellés", ajoute le procureur de la République.

Les mis en cause prétextent un combat anti-pédophilie

Face aux enquêteurs, les mis en cause ne nient pas les faits, ils les justifient même. "Ils ont indiqué avoir été motivés par le souhait de s’en prendre à des pédophiles qu’ils contactaient sur coco.fr en se faisant passer pour des filles mineures", précise Eric Vaillant.

Depuis plusieurs années, ce chat est en effet pointé du doigt par de nombreux internautes qui le qualifient de "repaire pédophile". Une pétition en ligne, recueillant près de 19.000 signatures, réclame la fermeture de ce "site très malsain qui regorge d'activités illégales".

Pour accéder au chat, "il n'y a aucune vérification sur l'identité (même pas de mail) ce qui laisse agir les prédateurs sexuels en toute sécurité et anonymement", est-il avancé.

Deux des suspects en détention provisoire

Reste que, cet argument brandi par les suspects n'a pas convaincu le parquet ni le juge d'instruction. Déférés devant le tribunal judiciaire de Grenoble ce mercredi, ils ont été mis en examen pour "extorsion avec violences ayant entraîné la mort" et "extorsion aggravée" entre les mois de mars et décembre 2022, ainsi que pour "escroqueries" entre les mois de décembre 2022 et février 2023.

Le parquet de Grenoble précise que "les deux majeurs impliqués dans la mort d’une des sept victimes identifiées ont été placés en détention provisoire", tandis que "les deux mineurs non concernés par cette agression suivie de mort, ont été placés sous contrôle judiciaire".

Article original publié sur BFMTV.com