"Personne n’a jamais été choqué", "un bout de viande": trois nouvelles femmes témoignent contre PPDA

L'ancien présentateur de TF1, Patrick Poivre d'Arvor  le 14 août 2017 - JEAN-FRANCOIS MONIER © 2019 AFP
L'ancien présentateur de TF1, Patrick Poivre d'Arvor le 14 août 2017 - JEAN-FRANCOIS MONIER © 2019 AFP

Trois nouveaux témoignages édifiants. Ce lundi, le journal Libération dévoile les récits de trois femmes qui accusent Patrick Poivre d'Arvor de viols et d'agressions sexuelles. Des faits qui n'engageront pas de poursuites, car ils sont prescrits, mais qui relatent un mode opératoire déjà décrit dans de précédents témoignages.

En témoignant, ces femmes veulent appuyer les plaintes des autres avant elles. Ces faits se déroulent dans le monde de l'édition, milieu dans lequel PPDA avait de l'influence et, surtout, où de nombreuses personnes connaissait la "réputation" de la star de TF1.

"Personne n’a jamais été choqué"

Libération publie d'abord le témoignage de Bénédicte Martin qui, malgré la prescription, pense que son récit pourra être utile à d'autres victimes. Elle a 24 ans au moment des faits, en 2003. Cette autrice est invitée de l'émission littéraire de PPDA, Vol de nuit. À l'issue de l'enregistrement, il lui propose de revenir pour assister à un journal télévisé. Quelques semaines plus tard, après l'enregistrement de ce JT, elle est emmenée par une secrétaire dans une pièce, où elle se retrouve ensuite seule avec le présentateur.

"Les filles anorexiques sont souvent très intéressantes, très sensibles. J’aimerais vraiment vous aider à vous alimenter", lui aurait-il alors lancé.

Ensuite, raconte Bénédicte Martin, il la saisit par derrière, par la gorge. Elle se débat au sol mais il cherche à remonter sa jupe et à l'embrasser. L'autrice réussit à s'échapper et à fuir. Deux ans plus tard, alors qu'elle croise à nouveau la vedette, il lui propose de reprendre leurs ébats "là où ils en étaient".

Dans le témoignage de Bénédicte Martin, ce qui frappe est l'indifférence de ses interlocuteurs lorsqu'elle raconte son agression. Dans le monde de l'édition, tout le monde semble connaître le comportement de PDDA. Bénédicte Martin mentionne notamment les noms de Frédéric Beigbeder et de Michel Houellebecq. "Je n’ai eu cesse de relater les actes de PPDA, personne n’a jamais été choqué", raconte-t-elle.

"Un bout de viande dont on se sert"

En 2000, Juliette (autrice dont le prénom a été modifié) subit le même mode opératoire. Elle raconte à Libération qu'après un passage à l’émission Vol de nuit, PPDA l’entraîne dans son bureau. Il la plaque contre une table, relève sa jupe et la pénètre.

Tétanisée, elle ne se débat pas, explique-t-elle. Après le viol, elle raconte même entretenir une relation "d'amitié" avec le présentateur, se disant déchirée entre les nécessités professionnelles et le souvenir de cette agression. Comme d’autres, elle explique avoir eu l'impression d’être "un bout de viande dont on se sert".

Le même rituel habituel

Anne Cauquil-Gleizes avait 16 ans en 1984. Elle écrit à PPDA car elle veut devenir autrice. À sa grande surprise, il lui téléphone à son domicile familial. Très vite, la conversation dévie et le présentateur lui demande quel genre de sous-vêtement elle porte, raconte-t-elle.

Il lui propose de la rencontrer un an plus tard, dans sa chambre d'hôtel lors d'un déplacement à Sète. Elle pense lui montrer ses textes et ses écrits. "Il me bascule sur le lit, me déshabille, me pénètre. Ça dure cinq minutes à peine. Je reste complètement passive, je ne comprends pas ce qui m’arrive", témoigne-t-elle auprès de Libération. Il la laisse ensuite et sort de la chambre.

PPDA a mentionné cette rencontre dans son livre "les Femmes de ma vie", paru en 1988. Il la compare à un "homard" qu’il faut prendre "pouce et index derrière les pinces. Alors seulement elle cessait d’agiter ses longues jambes et se mettait à ronronner". Par la suite, Anne Cauquil-Gleizes décide de changer de prénom, optant pour Margot. Elle tombe en dépression.

Quelques années plus tard, alors qu'elle a 23 ou 24 ans, PPDA l'invite à son tour à assister à l'enregistrement d'un journal télévisé. Tout se passe selon le rituel habituel. Elle est menée dans le bureau du présentateur. "Ce journal a vraiment été très difficile, vous me feriez bien une petite gâterie", lui aurait-il lancé, avant qu'elle se mette à hurler et à fuir.

Article original publié sur BFMTV.com