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"On pensait à un exercice": des élèves racontent le confinement après l'intrusion dans leur lycée d'Angoulême

Un quotidien bouleversé. Vers 10 heures ce jeudi 18 janvier, deux personnes se sont introduite au lycée Marguerite de Valois d'Angoulême, en Charente, qui accueille 1.800 élèves et près de 300 adultes de la communauté éducative dont 160 enseignants selon le proviseur.

L'intrusion de ces personnes, visages masqués et capuche vissée sur la tête, a entraîné le déclenchement du plan particulier de mise en sûreté (PPMS) et par conséquent le confinement de l'ensemble des élèves.

Des élèves qui, comme ils l'affirment au micro de BFMTV, ont dû rester près "d'1h40" cachés sous les tables.

"On était en cours et l'alerte intrusion a sonné. Au début, on pensait que c'était un exercice. Puis, on a vu toutes les vidéos tournées. On a commencé à avoir peur", raconte une élève, qui souligne avoir été rassurée par son professeur.

Pendant toute la durée du confinement, cachés sous la table, "on était sur nos téléphones à regarder les vidéos qui circulaient, tout ce qui se passait et se disait, on regardait par les fenêtres, on voyait les policiers. [...] C'était très impressionnant."

"Comme on a fait plusieurs exercices, on connaît déjà"

Étant donné qu'un exercice de confinement en cas d'intrusion avait été réalisé récemment, comme le souligne la rectrice de l'académie de Poitiers, certains élèves expliquent s'être sentis préparés.

"On connaît déjà. Il faut qu’on se barricade, qu’on ferme toutes les fenêtres, les rideaux, les portes à clés et qu’on se mette sous les tables", détaille un jeune homme de première générale, indiquant que son professeur a lui aussi d'abord cru à un exercice.

La préfète de la Charente, Martine Clavel, précise que la police nationale est intervenue pour sécuriser les lieux, et que les auteurs ayant quitté les locaux, la levée de doute et la désactivation du PPMS ont pu être réalisées en fin de matinée.

Trois personnes en urgence relative

En début d'après-midi, elle faisait état de 44 personnes, jeunes et enseignants, prises en charge par les sapeurs-pompiers à cause de gaz lacrymogènes relâchés par les deux individus. "Sur ces 44 personnes, trois sont considérés à l'heure actuelle en urgence relative", a-t-elle déclaré en début d'après-midi.

Concernant la professeure d'EPS qui a "reçu un coup de poing au visage" en tentant d'intercepter les intrus - qui n'ont pas encore été identifiés -, "elle est bien sûr en ce moment choquée", relate la préfète.

Une cellule psychologique a été ouverte au sein de l'établissement scolaire. Et "l'autorité judiciaire s’est associée au dispositif en déployant l'association d'aide aux victimes", a annoncé la procureure de la République de Charente, Stéphanie Aouine.

Cette dernière a annoncé qu'il restait à déterminer l'identité de ces individus, leur rôle, leur motivation "dans cette intrusion" et à déterminer leur lien avec l'établissement.

"C'est quelque chose de très particulier dans la vie d’un établissement scolaire. J’espère que c’était la première et la dernière fois évidemment", a stipulé le proviseur de la cité scolaire Marguerite de Valois et Jean Rostand, Christophe Simonet, tout en adressant ses "pensées à l'enseignante blessée, aux élèves choqués, blessés et à tout le personnel".

Article original publié sur BFMTV.com