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“Pendant un an, j’ai dit non à toutes les sollicitations professionnelles”

Sheela Subramanian travaille dans la tech depuis plus de vingt ans et est la coautrice de How the Future Works (“Comment marche l’avenir”, inédit en français), un ouvrage de management pour optimiser les performances des équipes. Dans les colonnes de Fast Company, elle fait pourtant un bilan surprenant : celui d’une année où elle a défié la culture de la productivité en disant non à toute demande professionnelle.

Tout a commencé en mars 2023. Elle a arrêté de travailler pour une période indéfinie, refusant d’appeler cela une année sabbatique ou une pause “car cela impliquait qu’[elle envisageait] de retourner au dur labeur du monde professionnel”.

Le défi était de taille puisqu’elle avait jusque-là évolué dans un milieu où l’ambition professionnelle était valorisée. “Tout au long de ma carrière, l’un des conseils les plus courants que j’ai reçus était de dire oui à tout : accepter les opportunités de haut niveau, accepter cette promotion, m’appuyer sur tout ce que le monde m’offrait.” Rien n’était jamais assez. Elle note d’ailleurs que “lorsque nous nous définissons en fonction de ce que nous faisons comme travail, nous nous transformons en robots de productivité, recevant de petites doses de dopamine en cochant nos to-do lists”.

Se rendant compte de son insatisfaction permanente, puisque chaque réussite amenait une nouvelle étape et un nouveau défi dans une course perpétuelle, elle a donc décliné toute proposition et même refusé de répondre quand on la questionnait au sujet de ses projets. Sheela Subramanian a passé une année à se promener, à discuter et à voyager avec ses proches. Elle s’est ainsi rendue “inutile dans notre société accro à la productivité, tout cela dans le but de comprendre ce qu’[elle voulait] réellement”.

L’expérience a été fructueuse quoi que “difficile, isolante et lente”. Sheela Subramanian a revu sa conception du succès, de ce qui est nécessaire à une vie heureuse. Aujourd’hui, être ambitieuse ne signifie plus pour elle grimper une échelle sociale mais apprendre de nouvelles choses. Si cela peut sembler libérateur, cela n’en est pas moins compliqué, car les gens, notamment les anciens collègues, ne comprennent pas toujours. Elle résume :

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