Nord Stream 2: Merkel défend l'accord avec les USA, Kiev crie au scandale

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NORD STREAM 2: MERKEL DÉFEND L'ACCORD AVEC LES USA, KIEV CRIE AU SCANDALE

par Kirsti Knolle et Pavel Polityuk

BERLIN/KIEV/BRUXELLES (Reuters) - Angela Merkel a défendu jeudi l'accord conclu entre l'Allemagne et les Etats-Unis au sujet du gazoduc Nord Stream 2, évoquant un "compromis pragmatique", tandis que l'Ukraine l'a jugé trop fragile pour canaliser la Russie et que l'Union européenne (UE) a annoncé son intention de l'examiner.

Les Etats-Unis - longtemps opposés à ce projet - et l'Allemagne - qui le soutient fermement - ont finalement annoncé mercredi un accord dans le cadre duquel Berlin s'est engagé à répondre par des sanctions à toute tentative de la Russie de se servir de l'énergie comme d'une arme contre l'Ukraine ou d'autres pays européens.

Ce gazoduc bientôt achevé passant sous la mer Baltique pour gagner l'Allemagne doit permettre à Moscou d'accroître ses livraisons de gaz en Europe de l'Ouest tout en contournant l'Ukraine, qui considère que ce projet la privera d'importantes recettes de transit et menace sa sécurité énergétique.

Pour apaiser les inquiétudes concernant un accroissement de la dépendance de l'Europe à l'égard du gaz russe, qui permettrait à Moscou d'étendre son influence économique et politique, Angela Merkel a déclaré jeudi avoir reçu l'assurance que Moscou n'utiliserait pas le gazoduc comme une arme, tout en rappelant que Berlin serait prêt à réagir le cas échéant.

"Après tout, nous ne sommes pas démunis pour réagir" si le besoin s'en faisait sentir, a expliqué la chancelière allemande.

Echaudée par l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie en 2014 et le soutien de Moscou aux séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine, Kiev, qui comptait sur une interruption totale du projet, juge ce pacte américano-allemand insuffisant.

"Il y a un problème fondamental (...). Nous ne savons toujours pas si la Russie est prête à remplir correctement ses obligations en ce qui concerne la sécurité énergétique de l'Ukraine et son rôle en tant qu'Etat de transit", a déclaré jeudi à la presse le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmitro Kouleba.

L'exécutif européen a de son côté estimé que cette infrastructure n'était "pas dans l'intérêt commun" de l'Union européenne.

"Nous discuterons de cela avec les pays de l'UE et nos voisins, notamment l'Ukraine", a dit un porte-parole de la Commission européenne aux journalistes.

A Moscou, le Kremlin a exprimé jeudi son désaccord avec certaines formules figurant dans le compromis trouvé entre l'Allemagne et les Etats-Unis, assurant que la Russie n'avait jamais utilisé ses ressources en énergie comme une arme politique.

"La Russie a toujours été et sera toujours un garant responsable de la sécurité énergétique sur le continent européen", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Il a précisé que la Russie était prête à discuter avec l'Ukraine de la prolongation de l'accord actuel sur le transit de gaz, qui doit expirer en 2024.

(Avec la contribution de Natalia Zinets à Kiev, Madeline Chambers à Berlin, Dmitry Antonov et Alexander Marrow à Moscou, rédigé par Andrew Osborn, Robin Emmott et Alexander Marrow, version française Bertrand Boucey et Myriam Rivet, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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