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DOCUMENT RMC SPORT. "Jouer la France serait spécial": le Toulousain Dallinga rêve d'affronter les Bleus à l'Euro avec les Pays-Bas

Comment avez-vous réussi à vous acclimater à la Ligue 1? Est-ce que cela a été compliqué?

Au début, c’était compliqué. Forcément, le niveau de la Ligue 1 est bien plus élevé (Dallinga avait signé au TFC en provenance de l'Excelsio Rotterdam en 2e division néerlandaise). Je le savais, mais je voulais ce challenge aussi. Il m’a fallu un temps d'adaptation, de vivre à l'étranger. Mais on peut voir maintenant que ça y est, je suis bien adapté.

Marquer 12 buts en Ligue 1 et 6 en Coupe de France, dont deux en finale, l'an dernier, est-ce que ça vous a donné de la confiance pour la saison en cours?

Ça aide mais ce n’est pas comme si ce match (face à Nantes) avait tout fait basculer. On le prend pour la confiance mais c’est un bon souvenir pour l’équipe et pour le club que quelque chose qui a déclenché quoi que ce soit.

Qu’est ce qui a fait le déclic pour être convoqué en sélection? Le fait de marquer en Coupe d’Europe?

Forcément, le fait de mettre des buts en Coupe d’Europe, ça m’a aidé pour arriver en équipe nationale. Quelques blessures m’ont aidé. Mais les performances personnelles que j’ai enchaînées m’ont donné des atouts pour pouvoir y parvenir. Les matchs de Coupe d’Europe sont plus regardés et les plus intéressants pour eux. Clairement, ça m’a aidé.

Que vous a dit Ronald Koeman à votre arrivée en sélection? Est-ce qu’il y a eu une discussion pour vous laisser entrevoir une participation à l’Euro?

J’ai eu un entretien avec lui quand je suis arrivé. Il a pris le temps de m’expliquer pourquoi j’étais présent. C’est un mix de deux choses: avec les blessures des uns mais aussi parce que je l’avais mérité. J’ai forcément envie d’y retourner.

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Ces 45 minutes contre Gibraltar ont été un moment intense sur le plan personnel?

Oui, bien sûr. C’était le rêve, le match était entre guillemets moins important parce qu’on gagnait et qu’on était déjà qualifiés pour l’Euro. J’ai ressenti de la fierté pour moi et ma famille. C’est vraiment un rêve et je n’oublierai jamais ce moment.

Vous remplacez Wout Weghorst lors de ce match. C’est avec lui que vous devez vous battre pour avoir une place pour l’Euro?

Il n’y a pas que lui, il y a aussi des jeunes qui poussent. Mais ça m’aide et c’est à moi de prouver que je mérite.

Vous n’avez pas été retenu pour ce rassemblement de mars. Êtes-vous déçu?

Il y a beaucoup de concurrence mais je dois continuer à performer, rester focalisé sur moi et montrer que je suis la personne qu’il faut pour faire ce travail. Je n’ai pas eu d’explications sur mon absence. Il y a pas mal de changements, mais c’est à moi de travailler pour y retourner.

La perspective d’affronter l’équipe de France lors de la phase de groupe de l’Euro, alors que vous jouez en France, à Toulouse, ne vous offre-t-elle pas l’opportunité d’avoir les clés pour disputer la compétition?

J’espère, ce serait quelque chose de spécial. C'est à moi de prouver que je peux y assister. L’important c’est que le groupe joue bien. J’ai besoin de tout le monde pour recevoir de bons ballons et être dans les bonnes zones. Je dois aussi relever l’équipe quand on performe moins bien.

Quel est votre profil?

Je veux être un buteur complet et jouer dans différents styles. Si on doit m’attribuer une qualité, c’est être efficace dans la surface. Des joueurs comme Depay sont complets. La réalité, c’est d’être un danger constant et marquer des buts.

Quels sont vos axes de progression?

Je veux m'améliorer dans la possibilité de créer des occasions et devenir plus dangereux avec le ballon au pied.

Un buteur ne doit-il pas être plus égoïste?

Il faut une bonne balance. On est la personne qui est attendue pour marquer des buts et libérer l’équipe. Si un coéquipier est mieux placé que moi, je n’hésiterai pas à lui faire la passe. C’est une balance à trouver.

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Avez-vous un modèle, un joueur qui vous a fasciné?

Quand j’étais jeune, je regardais Luis Suarez et Zlatan Ibrahimovic. Aujourd’hui, j’aime regarder Haaland car c’est un tueur devant le but.

Un kung-fu de Dallinga dans la surface, à l'image de Zlatan, serait-il envisageable?

(Rires) Ce n’est pas vraiment la façon dont je joue. Si la balle arrive, ce sera à tenter.

Vous estimez avoir combien de chances d’aller à l’Euro?

C’est difficile de donner un pourcentage, tout peut arriver dans le football. Je dois être consistant et élever mon niveau de jeu. C’est la décision du coach. C’est un gros challenge mais je ferai tout mon possible pour y aller.

Vous êtes à dix buts en Ligue 1. Si vous doublez ce nombre, chercher une bonne fin de saison avec pourquoi pas une qualification européenne et une sélection pour l’Euro, c’est quelque chose qui vous donne envie?

Ce serait le scénario de rêve. Mais je prends semaine par semaine. Je prends du plaisir, je continue mon développement. J’espère gagner le plus de matchs possibles avec Toulouse car ça veut dire potentiellement que je pourrais marquer beaucoup de buts.

En restant dans le rêve, ça représenterait quoi de jouer la France à l’Euro?

Jouer l’Euro, ce serait un rêve. Jouer la France serait spécial. Si à la dernière minute, je pouvais marquer, ce serait encore plus spécial.

L’équipe de France fait-elle partie des équipes favorites de l’Euro?

Les dernières années, il y a beaucoup de bons joueurs. Il y a eu beaucoup de bons matchs entre les Pays-Bas et la France ces dernières années, donc oui, elle fait partie des favorites.

Est-ce qu’Olivier Giroud vous inspire?

Il montre qu’il peut marquer partout, dans n’importe quelle compétition. Il est le meilleur buteur de l’histoire de la sélection. Il mérite un grand respect et c’est un bon exemple pour moi.

Kylian Mbappé vous impressionne-t-il?

C’est l’un des plus grands talents du monde aujourd’hui. On a eu le plaisir de le jouer ces dernières années, il a de grosses qualités. Quand on le voit à la télé, on a l’impression qu’il peut décider d’un match à n’importe quel moment. Il n’y a pas beaucoup de joueurs qui peuvent faire ça.

On sent qu’il y a une vraie relation entre vous et le public toulousain...

Ça aide d’avoir ce soutien. Les supporters me donnent beaucoup de confiance depuis le début. On a eu de bons souvenirs l’an dernier, cette saison aussi.

Pour avoir une place durable en sélection, est-ce que cela implique d'aller jouer ailleurs qu’à Toulouse?

C’est difficile à dire. Aujourd’hui, c’est un bon niveau pour moi. La Ligue Europa m’a permis de montrer mes qualités sur la scène européenne. Après la saison, il faudra y réfléchir et penser à ce qu’il se passera dans le futur.

Quel message voulez-vous faire passer à Ronald Koeman?

Je ne sais pas si c’est le bon moment et le bon endroit pour faire passer un message au coach. Je dois lui montrer sur le terrain.

Article original publié sur RMC Sport