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Patrimoine : trois fragments du Parthénon restitués à la Grèce par le Vatican

Saluée comme un geste de bonne volonté par les autorités grecques, cette restitution vient surtout relancer la pression sur le gouvernement britannique pour rendre à Athènes la fameuse frise du Parthénon exposée au British Museum.

Ils étaient entreposés au Vatican depuis plus de deux cents ans. Pillés puis vendus, les trois fragments de sculptures antiques ont été remis officiellement au musée de l'Acropole d'Athènes lors d'une cérémonie officielle ce vendredi.

L'évêque Brian Farrell, secrétaire du Vatican pour la promotion de l'unité des chrétiens, a déclaré que cette restitution avait été discutée lors d'une visite du pape François à Athènes en 2021.

"Le don des fragments du Parthénon, qui avaient été conservés dans les musées du Vatican depuis plus de deux siècles, se veut un geste d'amitié et de solidarité avec le peuple grec", a déclaré l'évêque.

Les trois fragments sont une tête de cheval, une tête de jeune garçon et une tête d'homme portant la barbe qui faisaient partie de la fameusefrise du Parthénon, un marbre de plus de 160 mètres de long représentant 378 figures humaines et 245 animaux. Un marbre sculpté il y a plus de 2500 ans.

L'an dernier, un autre fragment de sculpture en marbre provenant du temple du Parthénon - représentant un pied de la déesse grecque Artémis - avait été restitué à Athènes par un musée de Palerme, en Sicile.

Cette restitution symbolique vient surtout relancer l'offensive diplomatique menée par la Grèce depuis plusieurs décennies pour récupérer son trésor national dont une grande partie se trouve à Londres au British Museum.

Petros Giannakouris/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
Un des trois fragments restitués désormais exposés au musée de l'Acropole à Athènes - Petros Giannakouris/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.

En début d'année, l'espoir de récupérer des frises du Parthénon avait été relancé après la publication d'un article de presse évoquant des négociations entre Londres et Athènes. Mais cet espoir fut rapidement douché par les autorités britanniques.

Les Anglais dans leur ensemble n'y semblent pourtant pas opposés : selon un récent sondage, une majorité accepterait l'idée d'une telle restitution. Les autorités grecques sont, de leur côté, soutenues par l'UNESCO.

Depuis 1983, Athènes réclame à Londres le retour d'un fragment de 75 mètres de la frise détachée du Parthénon ainsi que d’une des célèbres cariatides provenant de l’Erechtheion, un petit temple antique jouxtant le Parthénon sur la colline de l’Acropole.

Petros Giannakouris/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
Un des trois fragments restitués désormais exposés au musée de l'Acropole à Athènes - Petros Giannakouris/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.

Londres prétend que ces sculptures ont été « acquises légalement » en 1802 par le diplomate britannique Lord Elgin, qui les auraient ensuite revendues au British Museum. Mais la Grèce soutient qu’il s’agissait  d’un « pillage » commis quand le pays était sous occupation ottomane.

En attendant un éventuel retour des sculptures antiques sur le territoire grec, un musée, celui de l'Acropole, a été inauguré en 2009 au pied du célèbre rocher. Dans l'une de ses salles, un espace a été réservé à la fameuse frise, signe que la Grèce est prête à récupérer et à conserver dans d'excellentes conditions, les fameuses frises du Parthénon.

La querelle historique entre Athènes et Londres s'inscrit également dans un vaste mouvement de restitutions en cours dans le monde entre plusieurs Etats européens et leurs anciennes colonies.