Patrice Évra dénonce l'homophobie dans le foot: "si tu le dis, c’est fini”

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Patrice Évra évoque avec son franc-parler habituel la question du racisme et de l'homophobie dans le milieu du football.  (Photo: Jonathan Moscrop via Getty Images)
Patrice Évra évoque avec son franc-parler habituel la question du racisme et de l'homophobie dans le milieu du football. (Photo: Jonathan Moscrop via Getty Images)

FOOTBALL - L’ancien capitaine des Bleus a des choses à dire sur les coulisses de son sport. Actuellement en promotion pour son autobiographie où il évoque les agressions sexuelles dont il a été victime adolescent, Patrice Évra est revenu ce mardi 11 janvier sur les fléaux qui gangrènent le football.

L’ancien coéquipier de Cristiano Ronaldo, aujourd’hui âgé de 40 ans, a répondu sans détour à plusieurs questions autour du racisme et de l’homophobie dans le monde du ballon rond, au cours d’une interview avec les lecteurs du journal Le Parisien.

Questionné sur la difficulté de faire évoluer les mentalités au sujet de l’homosexualité dans le football, l’ex-capitaine des Bleus répond avec franchise: “Dans le monde du foot, c’est simple, tout est fermé”. Il raconte notamment son expérience en Angleterre, où le joueur a passé une grande partie de sa carrière.

“Quand j’étais en Angleterre, ils ont fait venir une personne pour parler de l’homosexualité à l’équipe. Certains de mes coéquipiers ont dit lors de cet échange: ‘C’est contre ma religion, s’il y a un homosexuel dans ce vestiaire, il doit dégager du club’”, livre Patrice Évra, avant de donner sa réponse aux réactions de ses coéquipiers de l’époque: “J’ai dit: ‘Tout le monde la ferme. Vous vous rendez compte?’”.

Fort son expérience dans trois championnats européens, Évra ne manque pas de mots pour dénoncer l’homophobie à laquelle sont confrontés les joueurs homosexuels. “Il y a au moins deux joueurs par club qui sont homosexuels. Mais dans le monde du foot, si tu le dis, c’est fini”, évoque frontalement le finaliste de l’Euro 2016.

Une prise de position bienvenue de la part de l’ancien défenseur de Manchester United, quelques jours seulement après les dénonciations de Josh Cavallo, le premier footballeur professionnel, encore en activité, à avoir parlé de son homosexualité.

“Se battre contre le racisme n’intéresse personne”

Également interrogé sur le problème du racisme dans cette interview, Patrice Évra estime qu’“il faut arrêter de faire semblant de combattre le racisme” et “d’être hypocrite”. Selon lui, rien ne bouge en raison de l’absence d’enjeux financiers derrière ce sujet.

Et pour étayer ses propos, il n’hésite pas à comparer ainsi la différence d’énergie dépensée pour faire capoter le projet de Super League aux moyens mis en œuvre pour endiguer le racisme (et par extension l’homophobie) des stades et vestiaires de football. “La Fifa, l’UEFA, les instances et les grands noms du football ont tout fait pour arrêter ce projet en moins de 24 heures. Moi, quand j’ai regardé, j’ai dit: ‘Mais pourquoi on n’a pas cette même énergie contre le racisme?’. Mais parce que le racisme, on ne touche pas aux poches. Et là, le projet de Super League, ils allaient prendre beaucoup d’argent”, développe-t-il.

“Je reste confiant, positif et on va essayer de faire changer les choses pour la prochaine génération”, termine-t-il. Une thématique chère à Patrice Évra et qu’il a l’habitude d’évoquer. En 2020, il s’était frontalement opposé -avec exemples à l’appui- au président de la FFF, qui estimait alors que le racisme “n’existait pas ou peu” dans le football français.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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