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Les “passeports dorés” caribéens dans le collimateur de l’Union européenne

Devenir citoyen d’un paradis tropical ne coûte que 100 000 dollars, soit un peu plus de 90 000 euros. C’est vrai à la Dominique, à Sainte-Lucie comme à Antigua-et-Barbuda. À la Grenade, c’est à peine plus cher : 150 000 dollars (137 000 euros). Seul Saint-Christophe-et-Niévès, le plus petit pays de la région, fait monter les enchères à 250 000 dollars (228 000 euros), rapporte Bloomberg.

À la clé : des régimes fiscaux très avantageux et “la possibilité de voyager en Europe sans avoir à déposer une demande de visa”. D’où le succès de ces “programmes d’acquisition de la nationalité par l’investissement” (Citizenship by Investment, CBI). À eux cinq, ces États confettis ont délivré quelque 88 000 passeports à des pseudo-résidents souvent d’origine russe, chinoise, américaine ou nigériane.

Pour Saint-Christophe-et-Niévès, premier pays à offrir cette possibilité dès 1984, l’enjeu était de diversifier son économie, dépendante du sucre. En 2023, la vente de “passeports dorés” a rapporté 192 millions de dollars à ce micro-état de 48 000 habitants, soit plus de la moitié de ses revenus.

“Ici, ce ne sont pas les amateurs de plages immaculées qui soutiennent l’économie. Ce sont les acheteurs de passeports bleu marine.”

Ailleurs – au Portugal, par exemple –, l’afflux de riches étrangers attirés par des dispositions fiscales particulières a exacerbé les tensions sociales. Dans les Caraïbes, les avantages l’emportent pour le moment sur les inconvénients. À Saint-Christophe-et-Niévès, le gouvernement peut se permettre de redistribuer chaque année une partie de cette manne aux habitants sous forme d’un “dividende CBI” (de 95 à 185 dollars par tête).

Mais il y a un problème. Assez grave pour que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’en préoccupe. Ces programmes favorisent “des fraudes massives et le blanchiment de l’argent du crime et de la corruption à raison de plusieurs milliards de dollars” par an, souligne un rapport récent. D’où les mesures de rétorsion envisagées par l’Union européenne.

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