"Partygate": la police britannique soupçonnée de peser sur le contenu d'un rapport sur les fêtes à Downing Street

·3 min de lecture
Le Premier ministre britannique Boris Johnson se rend à la Chambre des Communes, à Londres, le 26 janvier 2022. - Tolga Akmen © 2019 AFP
Le Premier ministre britannique Boris Johnson se rend à la Chambre des Communes, à Londres, le 26 janvier 2022. - Tolga Akmen © 2019 AFP

Le position de Boris Johnson est de plus en plus inconfortable. Accusé depuis plusieurs semaines d'avoir organisé et participé à des soirées au 10 Downing Street en 2020 et 2021 alors qu'il avait mposé des confinements stricts à la population britannique en raison du Covid-19, le Premier ministre britannique est la cible de toutes les critiques outre-Manche.

Au sujet de ces pots de départ, garden parties et autres fêtes de Noël, un rapport administratif, rédigé par la haute fonctionnaire Sue Gray, devait être publié ces derniers jours. Or, le dossier est retardé, et ce vendredi, la police britannique a provoqué l'indignation en demandant que soient expurgés certains éléments clés liés à ce scandale qui tient toute la presse britannique en haleine.

La police s'empare du dossier

Après avoir été critiquée pour sa lenteur à réagir aux révélations qui se succédaient depuis plusieurs semaines, la police britannique a finalement annoncé mardi enquêter sur plusieurs fêtes qui auraient contrevenu aux strictes règles anti-Covid, potentiellement les plus dommageables pour le Premier ministre Boris Johnson, chamboulant ainsi le calendrier de publication.

"Pour les événements faisant l'objet d'une enquête par la Met (police de Londres), nous avons demandé de n'en faire qu'une référence minimale dans le rapport du Cabinet Office", agence interministérielle dont dépendent les travaux de Sue Gray, a indiqué la Metropolitan Police de Londres dans un bref communiqué.

En outre, cette dernière réfute d'éventuelles préssions pour retarder la parution du rapport. "La Met n'a demandé aucune limitation sur d'autres événements dans le rapport, ou que le rapport soit repoussé, mais des contacts sont en cours avec le Cabinet office, notamment sur le contenu du rapport, pour éviter tout préjudice à notre enquête", a-t-elle ajouté.

Le rapport s'annonce potentiellement largement édulcoré, privé de ses conclusions sur les événements retenus par la police comme les plus susceptibles d'avoir enfreint les confinements. A moins que sa publication ne soit suspendue jusqu'aux conclusions des forces de l'ordre, ce qui peut prendre plusieurs mois.

Indignation et confiance brisée

Immédiatement, les partis de l'opposition ont exigé la publication, dans son intégralité et sans censure, de l'enquête interne, comme l'a promis Boris Johnson à plusieurs reprises.

Sur Twitter, le leader du parti indépendantiste SNP au parlement, Ian Blackford, a déploré "ce qui ressemble de plus en plus à une dissimulation de la vérité".

Les familles de victimes du Covid-19 se sont également offusquées. Pour Fran Hall, porte-parole de l'association "Covid-19 Bereaved Families for Justice", la police a "brisé la confiance du public, d'abord en refusant d'enquêter sur ces violations flagrantes de la loi, et maintenant en demandant qu'une autre enquête cache les illégalités les plus graves survenues à Downing Street".

876450610001_6293771723001

Appels à la démission

Ces fêtes ont plongé Boris Johnson dans une grave crise qui menace son maintien à son poste, les appels à la démission s'étant multipliés jusque dans la majorité conservatrice. Beaucoup de députés de son camp attendent la publication du rapport interne pour décider de tenter de l'évincer ou non par le biais d'un vote de défiance.

Le gouvernement s'est défendu de toute intervention. Interrogé sur ITV, le secrétaire d'Etat chargé des Technologies, Chris Philp, a affirmé que l'exécutif n'avait "aucune influence ni implication dans la manière dont Sue Gray et la police conduisent leurs rapport et enquête", insistant sur leur "totale indépendance".

Aux yeux de certains commentateurs politiques, cette annonce tombe toutefois à point nommé pour Boris Johnson, qui gagne ainsi du temps alors qu'il tente, pour sauver sa place, d'amadouer les députés les plus rebelles.

Selon le journal The Times, le chef de gouvernement réfléchit ainsi à plusieurs mesures qui pourraient les rallier, comme suspendre au grand dam du Trésor la hausse annoncée des cotisations sociales, en pleine inflation qui rogne le pouvoir d'achat des Britanniques.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles