Parti socialiste : ce que disent (et ne disent pas) les premiers résultats du congrès

Parti socialiste : ce que disent (et ne disent pas) les premiers résultats du congrès (photo d’Olivier Faure prise le 18 septembre 2022)
JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP Parti socialiste : ce que disent (et ne disent pas) les premiers résultats du congrès (photo d’Olivier Faure prise le 18 septembre 2022)

POLITIQUE - Fumée blanche après un jeudi noir. Le Parti socialiste a enfin dévoilé les résultats officiels du premier tour de son congrès, vendredi 13 janvier en début de soirée, après 24 heures de tergiversations sous forme de bataille de chiffres. Le Premier secrétaire sortant, Olivier Faure, tenant d’une ligne pro-Nupes, rate de peu la majorité absolue mais termine largement en tête avec 49,15 % des voix.

Le texte d’orientation de son principal concurrent, Nicolas Mayer-Rossignol, récolte lui, 30,51 % des suffrages, devant celui d’Hélène Geoffroy (20 %). La maire de Villeurbanne est donc éliminée de la course, tandis que les deux hommes encore en lice s’affronteront jeudi prochain, le 19 janvier, pour briguer la tête du PS avant un congrès fin janvier à Marseille.

De premiers résultats qui augurent une semaine agitée chez les rose, avant un duel final sans doute plus serré que prévu. Surtout, le tableau présenté vendredi soir, après des heures de confusion, offre le spectacle d’un parti profondément divisé sur la stratégie à suivre. Au point que la crispation gagne les principales têtes d’affiche.

Deux récits différents

D’un côté, Nicolas Mayer-Rossignol et ses soutiens n’hésitent pas à présenter le score obtenu par Olivier Faure comme un échec profond. Et le leur comme une agréable surprise. « Comme nous l’avions dit dès hier soir en dépit des fake news, pour la première fois, une direction sortante du Parti socialiste perd sa majorité », a par exemple cinglé le maire de Rouen sur les réseaux sociaux, qualifiant la voie de son concurrent d’« impasse ».

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Selon lui, « l’espoir est permis » pour l’emporter jeudi prochain, sa ligne étant « la seule garante de l’unité » face à « un risque de scission » du parti si le Premier secrétaire est reconduit. Rien de moins.

Pour créer la surprise, l’élu normand compte sur les voix des électeurs d’Hélène Geoffroy qui a effectivement appelé, une fois les résultats officialisés, à soutenir l’édile. Car pour elle, Nicolas Mayer-Rossignol « saura rassembler le Parti socialiste, le remettre au travail, le doter d’un corpus idéologique renouvelé et faire vivre à nouveau la démocratie interne ».

En face, Olivier Faure, dont l’avance nette paraît décevante à l’issue de ce premier tour, joue la confiance. « Les militants m’ont placé très largement en tête, à près de 50 %, et ont fait un choix de clarté », estime-t-il dans une interview au Parisien publiée vendredi soir. Une sortie à contre-courant de son challenger où il assure disposer « sur cette base, d’une majorité absolue au conseil national ». Selon lui, les militants ont, qui plus est, « conforté notre volonté de rassemblement de la gauche et des écologistes » par leurs votes.

Le rassemblement « des carpes et des lapins »

Dans le camp du premier secrétaire sortant on s’attache à relativiser les chances de victoire du maire de Rouen, qui passerait par un report massif, voire parfait, des voix d’Hélène Geoffroy sur sa candidature. Pas évident. « Dans une élection, 1 + 1, ça ne fait jamais 2 », rappelle à juste titre un député, cité par l’AFP. « Contrairement à Mayer-Rossignol, nous n’avons pas de réservoir de voix. Si on gagne, ce sera du 51/49… » nuance un autre cadre, dans les colonnes du Figaro, moins confiant que son camarade : « C’est une pièce qui va tomber d’un côté ou de l’autre. »

Dans ce contexte, Olivier Faure, lui, met en garde les militants contre le rassemblement « des carpes et des lapins ». « Lorsqu’on fait alliance sans partager une orientation, en général, le fossé n’est pas loin », assène-t-il dans les colonnes du Parisien.

Derrière ces discours sereins ou offensifs un brin surjoués de part et d’autre, le tableau dessiné après ce premier tour, n’est finalement pas vraiment reluisant pour le Parti socialiste. En plus des acrimonies affichées au grand jour entre les différents candidats, les militants (23 000 votants sur 42 000 appelés) apparaissent plus divisés qu’attendu sur la stratégie à suivre.

Aucune ligne, qu’elle soit pro Nupes, Nupes-sceptique ou anti-Nupes n’est largement plébiscitée. D’un côté, la vision d’Olivier Faure qui insiste sur la nécessité de l’union, y compris avec la France insoumise. De l’autre, les vives réserves de Nicolas Mayer-Rossignol et la franche opposition d’Hélène Geoffroy vis-à-vis de l’alliance telle qu’elle est actuellement. De quoi compliquer encore davantage la tâche du futur chef des rose, sur un tapis d’épines.

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