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Un parti néonazi allemand privé de financements publics : l’AfD sera-t-il le suivant ?

“Pas d’argent pour les nazis.” Alors que les débats sur une possible interdiction du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) continuent, Die Tageszeitung se penche dans son édition du 24 janvier sur l’avenir d’une autre formation politique d’extrême droite : La Patrie (Die Heimat), anciennement appelé Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD).

En ce début de semaine, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a décidé d’“empêcher [le groupe néonazi] de toucher des financements publics” pendant six ans, en raison de ses “positions racistes”, assure le journal de gauche, qui publie en une la photo de deux juges de la plus haute instance juridique allemande.

En raison de ses résultats électoraux insignifiants, la formation politique ne bénéficiait déjà plus de certaines aides accordées aux partis traditionnels. Mais avec ce jugement, elle ne pourra plus non plus bénéficier d’avantages fiscaux – et notamment de la défiscalisation des dons de ses sympathisants.

Une telle décision de justice est inédite en Allemagne, rappelle le quotidien berlinois dans un article d’analyse. Et même si les magistrats allemands n’ont pas mentionné l’AfD dans leur jugement, il pourrait inspirer les détracteurs du parti d’Alice Weidel et Tino Chrupalla.

Un long processus judiciaire

En théorie, des mesures identiques pourraient s’appliquer à l’Alternative pour l’Allemagne, assure la Tagesszeitung. “Cela n’irait pas contre la Constitution.” Il faudrait néanmoins prouver que les objectifs du parti sont contraires à l’ordre démocratique allemand. Une tâche complexe, au vu de la bataille juridique pour faire interdire La Patrie.

“Cela fait déjà une vingtaine d’années que les gouvernements successifs tentent d’agir contre le parti néonazi.” Deux procédures d’interdiction ont été lancées à son encontre. Mais elles ont toutes deux été invalidées, en 2003, puis en 2017 – un précédent mis en avant par les opposants à une dissolution de l’AfD.

Par le passé, la justice d’outre-Rhin avait concédé que les objectifs de La Patrie allaient à l’encontre de la Constitution allemande. Mais elle avait aussi estimé, entre autres, que ce parti composé d’environ 3 000 personnes n’était pas de taille à ébranler la démocratie.

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