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Le Parlement européen adopte la directive controversée autorisant les « méga-camions »

Résultats du vote du rapport sur la diretive relative aux dimensions des poids lourds.
Capture/Parlement européen Résultats du vote du rapport sur la diretive relative aux dimensions des poids lourds.

POLITIQUE - Bientôt des camions de plus de 25 mètres de long et pesant 60 tonnes sur les autoroutes ? Ce mardi 12 mars, le Parlement européen a adopté une directive « Poids et dimension » du transport routier, ouvrant la voie à la circulation des « méga-camions » dans l’Union européenne. Dans le détail, la directive a obtenu 330 votes pour, et le vote contre 207.

Ces camions à rallonge, équipés d’un conteneur auquel s’ajoute une remorque, existent dans une poignée de pays européens (Suède, Finlande, Pays-Bas, Allemagne…), mais ce texte, voté en séance plénière avant des négociations avec les États membres, pourrait acter un premier pas vers leur généralisation à l’échelle du continent.

Pour l’heure, ce vote ne vaut pas une autorisation, puisque la mesure doit faire l’objet d’une négociation en trilogue, le format réunissant la Commission, le Conseil et le Parlement européen. Et ce, lors de la prochaine mandature (après les élections européennes, donc).

« Un coup de poignard au fret »

Mais cette première étape fait déjà bondir les défenseurs de l’environnement. « Le vote d’aujourd’hui va à l’encontre des objectifs fixés par le Green Deal de décarbonation de nos transports. Qui peut sérieusement imaginer que des méga-camions diesel de 60 tonnes nous permettront de réduire les émissions de le CO2 de nos poids lourds de 90 % d’ici 2050 ? », s’alarme dans un communiqué l’eurodéputée écologiste, Karima Delli, dénonçant un « vote irresponsable ».

Même indignation exprimée par sa collègue insoumise, Manon Aubry. « Les groupes de droite, des libéraux et des socialistes viennent de voter massivement en faveur de l’autorisation des méga-camions dangereux et polluants. Et “en même temps”, ils mettent un coup de poignard au fret ferroviaire en le vendant à la découpe du privé », déplore l’eurodéputée LFI.

« Les effets potentiels de la nouvelle directive se chiffreraient à près de 10,5 millions de trajets routiers et 6,6 millions de tonnes de CO2 en plus, notamment en raison d’un report modal massif du rail ou de la voie d’eau vers la route. Faut-il également rappeler qu’un camion présente 80 fois plus de risques de provoquer un accident qu’un train de marchandises ? », dénonçaient dans une tribune à Libération un collectif réunissant plusieurs élus opposés au projet, dont l’ex-ministre des Transports Clément Beaune.

Outre l’impact négatif que le dispositif pourrait avoir sur le fret, les pourfendeurs de la directive pointent également les dégâts que ces méga-camions pourraient sur les routes françaises, par ailleurs inadaptées à ces immenses engins. À titre d’exemple, l’eurodéputé écolo David Cormand qualifie ces méga-camions de « massacreurs d’infrastructures ».

Quelques minutes après le vote, le ministre des Transports Patrice Vergriete a indiqué que la France comptait s’opposer à cette directive. « Après le vote du Parlement européen, la France redit son refus d’une libéralisation de la circulation internationale des camions de 44 tonnes et des “mégatrucks” . Aujourd’hui la priorité est le report modal, en particulier vers le ferroviaire », a-t-il fait savoir sur X.

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