Paris continue de défendre une ligne dure face à l'Iran

La France, qui avait fait preuve de fermeté lors des discussions sur l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, continue de défendre une ligne dure sur la question des activités balistiques de Téhéran en préconisant un "dialogue franc et sans concession" avec la République islamique. /Photo prise le 20 septembre 2017/REUTERS/Omar Sanadiki (Reuters)

PARIS (Reuters) - La France, qui avait fait preuve de fermeté lors des discussions sur l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, continue de défendre une ligne dure sur la question des activités balistiques de Téhéran en préconisant un "dialogue franc et sans concession" avec la République islamique.

"La France est préoccupée par la poursuite à un rythme soutenu du programme balistique iranien (...) source de déstabilisation et d'insécurité pour la région", a déclaré mercredi la porte-parole du Quai d'Orsay lors d'un point presse.

Paris "envisage toutes les options diplomatiques : un dialogue politique franc et sans concession avec l'Iran, des enquêtes du secrétariat général des Nations unies, de nouvelles sanctions européennes à l'encontre d'entités ou d'individus iraniens impliqués dans le programme balistique et enfin ouverture à une négociation sur le sujet", a-t-elle ajouté.

Le tir d'un missile à Ryad en provenance du Yémen et imputé à l'Iran a provoqué un regain de tensions début novembre entre l'Arabie saoudite et l'Iran, faisant craindre un embrasement dans une région déjà fortement déstabilisée par les conflits.

Exprimant sa préoccupation lors d'une visite à Dubaï jeudi dernier, Emmanuel Macron a suggéré l'ouverture de discussions sur le programme balistique et la stratégie régionale iranienne et n'a pas exclu des sanctions "si besoin était".

Téhéran, qui assure que son programme de missiles est purement défensif et qu'il n'a aucunement l'intention de fabriquer des missiles à capacité nucléaire comme le redoute la France, a rejeté dimanche l'idée de discussions.

"Nous avons dit aux responsables français à plusieurs reprises que l'accord sur le nucléaire n'est pas négociable et que l'on n'y greffera pas d'autres sujets", a dit le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi. "La France a pleinement conscience de la position de fermeté de notre pays, à savoir que les questions de défense de l'Iran ne sont pas négociables".

Pour l'heure, l'Union européenne semble exclure toute discussion sur les activités balistiques iraniennes.

"Nous n'avons pas discuté de cela aujourd'hui, pas plus que la semaine dernière et je n'envisage pas que ce soit le cas dans un proche avenir", a dit mardi la représentante de la diplomatie européenne, Frederica Mogherini.

La visite en Iran du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, initialement prévue fin novembre, a été reportée à la fin de l'année en raison d'un agenda chargé, a-t-on appris de source diplomatique.

(John Irish, Arthur Connan pour le service français, édité par Sophie Louet)