Le parcours chaotique de l'assaillant de La Chapelle-sur-Erdre raconté par son ancien avocat

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Vincent de la Morandière a défendu durant plusieurs années l'assaillant de La Chapelle-sur-Erdre, mort durant son interpellation.  - BFMTV
Vincent de la Morandière a défendu durant plusieurs années l'assaillant de La Chapelle-sur-Erdre, mort durant son interpellation. - BFMTV

Un homme fiché pour radicalisation et diagnostiqué schizophrène a agressé et grièvement blessé une policière municipale vendredi, à La Chapelle-sur-Erdre. Au lendemain de l'attaque, le profil de l'individu et d'éventuelles failles dans son suivi judiciaire sont pointés du doigt.

L'homme - tué lors de son interpellation - est passé "19 fois" devant les juridictions, explique son ancien avocat, Me Vincent de la Morandière:

"A 17 ans, il a eu sa première condamnation, une peine de prison ferme qu'il a exécutée."

"Il a basculé vers l'isolement"

Pour l'avoir côtoyé durant plusieurs années, Me de la Morandière dit ne pas avoir été surpris en apprenant les faits qui lui sont reprochés. "J'ai pu constater au fur et à mesure de son parcours carcéral qu'il s'isolait, qu'il était habité par un sentiment profond d'injustice."

"En 2010, c'était un jeune très discret, taiseux. Vers 2015-2017, il a basculé vers l'isolement", détaille-t-il.

Pourtant, devant les juridictions, ses troubles psychiatriques n'apparaissent pas. "Une expertise réclamée en 2013 conclut qu'il n'y a pas de dangerosité, ni de problème de l'ordre de la psychose", rapporte Me de la Morandière qui commente: "Le système répressif a été dans l'incapacité d'identifier le mal dont il souffrait."

"La moitié de sa vie en détention"

Toutefois, l'avocat demande de ne "pas récupérer cette histoire pour laisser penser qu'il n'y a pas de répression en France. Il n'a connu que des peines de prison ferme" qu'il a toujours exécutées, insiste Me de la Morandière. "Il a passé quasiment la moitié de sa vie en détention. (...) Il a fait des allers-retours entre le béton de la prison et le béton de la cité."

Me Vincent de la Morandière estime qu'"il n'y a pas eu de faille au niveau de la justice car elle a fait tout ce qu'elle pouvait faire". Il remarque, en revanche, que le suivi judiciaire est un "contrôle de surface, des apparences" qui n'a peut-être pas permis d'identifier le mal dont son client souffrait.

Article original publié sur BFMTV.com