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Le pape François "allège son agenda" à cause d'une "grippe", sa rencontre avec des victimes d'abus sexuels annulée

Des victimes françaises d'abus sexuels ne pourront pas témoigner devant le pape ce jeudi. Le pape François devait recevoir ce lundi 27 novembre en audience privée au Vatican 21 personnes scolarisées dans le Finistère et en Loire-Atlantique dans les années 1960 et 1970, et qui ont été victimes des exactions d'un prêtre pédocriminel.

Ce ne sera finalement pas le cas: l'audience a été annulée dans un contexte où le pape est affaibli à cause d'un problème respiratoire, selon les informations de France Bleu Loire Océan et du journal chrétien La Croix,

"On aurait voulu exprimer nos peines"

En raison d'une "inflammation des poumons causant quelques difficultés respiratoires", le Vatican "confirme un allègement de l'agenda du pape, 'ces jours-ci'. (...) Son audience prévue avec des victimes françaises de pédocriminalité, a été annulée", a fait savoir Loup Besmond de Sennevill, le correspondant du quotidien à Rome, sur le réseau social X (anciennement Twitter).

Le Vatican explique ce que "l'état de santé du pape est bon et stable".

La Croix rapportait ce dimanche que le pape souffrait d'une "inflammation des poumons", selon ses propres mots. Le Vatican évoque une "légère grippe". Le souverain pontife avait précédemment annulé toutes ses audiences samedi.

"On aurait voulu exprimer nos peines, on voulait qu'il nous entende", a confié à France Bleu Jean-Pierre Fourny, victime du père Gabriel lorsque l'homme d'Église était instituteur près de Châteaubriant en Loire-Atlantique.

Plus de 170 victimes estimées

Mort en 1979, le frère Gabriel Girard aurait fait plus de 170 victimes dans toute la France, notamment dans les écoles où il enseignait. Avant leur voyage au Vatican, plusieurs victimes ayant fréquenté l'une des ces écoles, à Loctudy (Finistère), à une vingtaine de kilomètres de Quimper, se sont confiées à nos reporters.

"Moi, il m'a appelé à son bureau, j'ai pensé que c'était pour m'aider, m'expliquer. Mais non, ça a été tout de suite l'agression", raconte Raymonde Vilar-Daoulas à BFMTV.

"Il était très très gentil avec les parents et nous avions même hâte de le recevoir parce qu'on en disait le plus grand bien", se rappelle de son côté Michèle Le Reun-Gaigné.

Les exactions du père Gabriel Gérard étaient connues de l'Église dès les années 1950. Mais dans cette ville où le catholicisme et ses institutions tenaient une place centrale, il était à l'époque impossible de mettre en cause le prêtre.

Les victimes veulent que l'Église dénonce les abuseurs

Aujourd'hui, c'est au sein d'une association que ces victimes brisent le silence. Elles veulent notamment à l'Église de dénoncer les prêtres auteurs d'abus sexuels à la justice, une demande qu'elles comptaient transmettre à François.

"On ne va pas être forcément très tendre parce que l'Église a quand même fait des choses pas bien du tout. On va s'exprimer et lui demander de nous suivre dans nos actions", expliquait Michèle Le Reun-Gaigné avant l'annonce de l'annulation.

Malgré son état de santé, le pape compte se rendre à Dubaï du 1er au 3 décembre pour participer à la COP 28, la conférence internationale sur le climat qui doit se tenir du 30 novembre au 12 décembre dans l'émirat.

Article original publié sur BFMTV.com