Un pôle judiciaire dédié aux "cold cases", pour garder ces dossiers "judiciairement vivants"

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Les magistrats qui le composent auront pour mission "d'offrir une réponse aux victimes" de près de 240 dossiers encore en cours.

Un motif d'espoir pour des dizaines de familles en attente de vérité et de justice. Ce mercredi, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti annonce la mise en place d'un pôle judiciaire dédié "aux crimes en série et non élucidés" dès le 1er mars prochain afin de "permettre à ces dossiers de rester judiciairement vivants."

"Ce sont des dossiers, très souvent, qui sont anciens, mais pour autant les victimes sont encore dans la douleur tant que l’affaire, dans laquelle ils se sont souvent constitués partie civile, n’a pas trouvé de résolution. Donc il était temps d’agir. On a choisi un seul pôle national parce qu'on a expertisé, et je le savais de mon expérience d’avocat, que ce qui permet à ces dossiers de prospérer, c’est une coordination", explique le garde des Sceaux auprès de BFMTV, qui a lancé un appel à candidature pour recruter les magistrats.

"Rester vivants judiciairement"

Au total, ce sont près de 240 dossiers en cours qui pourront être confiés aux trois juges d'instruction, au premier vice-président et deux vice-présidents qui intégreront ce pôle consacré aux "cold cases".

Ces magistrats seront "détachés à 100 %" à cette entité basée à Nanterre, dans le ressort de la cour d'appel de Versailles, et prévue par "la loi renforçant la confiance dans l'institution judiciaire", promulguée en décembre, précise le ministre. Le nouveau pôle doit permettre à ces dossiers "de rester vivants judiciairement et d'offrir une réponse aux victimes", ambitionne encore Eric Dupond-Moretti, cette fois-ci auprès de 20 Minutes.

Concernant la conservation des scellés, question parfois clé dans la non-résolution de certaines affaires, le ministre indique qu'une "attention bien particulière sera apportée à la fois à la conservation de ces pièces mais aussi à leur utilisation et à leur exploitation".

"On ne va pas les laisser tranquilles, même si ça fait 30 ans"

Et l'espoir est réel du côté des familles des victimes de ces affaires non-élucidées, comme le confirme auprès de BFMTV Me Corinne Herrmann, qui a consacré une large partie de sa carrière aux "cold cases", obligeant à plusieurs reprises la justice à relancer ces dossiers parfois oubliés.

"Les familles ont voulu, ont demandé au ministre de la Justice. Il a entendu leur voix, il faut qu’on résolve ces affaires parce qu’il y a des auteurs qui sont au contact de la société, au contact de nos enfants, au contact de nos proches, et on ne va pas les laisser tranquilles même si ça fait 30 ans", assure-t-elle.

Dans le détail, la France compte 173 crimes non élucidés pour lesquels la justice est saisie et 68 procédures de crimes sériels, selon le garde des Sceaux.

Parmi les plus médiatiques, l'affaire Grégory Villemin, ce garçonnet retrouvé mort dans la Vologne en 1984, le quadruple meurtre de Chevaline en Haute-Savoie en 2012 ou encore la disparition il y a dix-neuf ans d'Estelle Mouzin, affaire dans laquelle huit magistrats se sont succédé. Samedi, en marge de la marche silencieuse organisée annuellement à Guermantes en mémoire de la fillette, son père, Eric Mouzin, avait appelé à la création d'un tel pôle.

Article original publié sur BFMTV.com

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