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La pêche durable stagne en France et n'échappe pas au changement climatique

La part de pêche durable stagne depuis cinq ans, alors que l'Union européenne s'était fixé un objectif de 100% de populations pêchées au "rendement maximum durable" à l'horizon 2020.

Seul un poisson sur deux débarqué en France est pêché durablement, loin des 100% de pêche durable voulus par l'Europe. Un objectif qui semble difficile à atteindre, alors que le changement climatique affecte même les populations de poissons les mieux gérées.

20% des débarquements restent issus de populations de poissons surexploitées

En 2022, 56% des 347.000 tonnes de poissons débarqués en France provenaient de populations exploitées durablement, un chiffre en légère amélioration par rapport à 2021 (54% de pêche durable), a annoncé le 13 février 2024 l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) dans son bilan annuel. Les volumes de poissons exploités durablement, qui étaient de seulement 18% en 2000, ont sensiblement progressé durant les deux dernières décennies, dépassant les 50% en 2017 dans l'Hexagone.

Mais cette part de pêche durable stagne depuis cinq ans, alors que l'Union européenne s'était fixé un objectif de 100% de populations pêchées au "rendement maximum durable" (RMD) à l'horizon 2020. Le RMD désigne la quantité maximum de poissons que l'on peut pêcher sans mettre en péril le renouvellement de la ressource sur le long terme. "Le RMD, ça n'arrive pas tout seul. C'est toujours des décisions politiques qui sont contraignantes" sur le monde de la pêche, a pointé Clara Ulrich, coordinatrice des expertises halieutiques à l'Ifremer, au cours d'une conférence de presse.

Aujourd'hui, 20% des débarquements restent donc issus de populations de poissons surexploitées et 2% de populations effondrées, comme le merlu de Méditerranée, le lieu jaune de Manche et Mer du Nord ou le cabillaud de mer du Nord. Le reste des volumes (22%) est issu de stocks non classifiés ou non évalués, faute de données suffisantes. Les pêcheurs français capturent 340 espèces différentes de poissons, dont la moitié en très petite quantité (moins de 10 tonnes par an), rendant difficile l'évaluation de leur bonne gestion.

Larves affectées par le changement climatique[...]

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