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Les ouragans deviennent si puissants qu’il faut ajouter une nouvelle catégorie selon ces chercheurs

Deux chercheurs proposent d’ajouter une nouvelle catégorie de cyclones.
Pixabay/Le HuffPost Deux chercheurs proposent d’ajouter une nouvelle catégorie de cyclones.

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE - Les conséquences du réchauffement climatique sont déjà là. L’une d’elles fait plus ou moins régulièrement l’actualité, ce sont les cyclones. Depuis 2010, plusieurs monstres cycloniques ont émergé. Il y a le super typhon Haiyan en 2013 qui avait fait plus de 7300 morts ou disparus aux Philippines ou encore l’ouragan Patricia en 2015, le plus puissant jamais enregistré.

Face à cette situation, une nouvelle étude publiée le 5 février dans la revue PNAS propose ni plus ni moins d’augmenter l’échelle quantifiant le niveau d’intensité des ouragans. Nommée Saffir-Simpson (du nom de ses créateurs, Herb Saffir un ingénieur civil et Bob Simpson, météorologue et ancien directeur du centre national des ouragans américain), elle a été inventée au début des années 1970.

Jusqu’à aujourd’hui, elle est utilisée pour classer les cyclones tropicaux en fonction de leur intensité et des dommages qu’ils peuvent occasionner. Au départ, les chercheurs prenaient en compte différentes vitesses des vents ainsi que l’onde de tempête (autrement dit, la hausse du niveau de la mer sur le littoral due au vent). Mais la corrélation entre les deux n’étant pas toujours bien claire, « aujourd’hui, l’échelle de Saffir-Simpson ne prend en compte que le vent », précise James Kossin.

Une sixième échelle

L’échelle va de 1 (peu puissant) à 5 (très puissant). Pour déterminer précisément quel chiffre attribuer à une tempête, les météorologues relèvent la moyenne sur une minute des vents maximums enregistrés à 10 mètres de hauteur. Dans la première catégorie les vents montent jusqu’à 153 km/h. De quoi endommager les petits arbres et les maisons le plus fragiles.

À l’opposé de l’échelle, la catégorie 5 regroupe des vents de plus de 252 km/h. Les dégâts sont alors beaucoup plus importants : chute d’arbres, arrachement de poteaux électriques, destructions de maisons entières bref, de quoi rendre inhabitable une zone entière pendant des semaines voir des mois. Et cette catégorie, elle ne suffit plus. Deux chercheurs américains, Michael Wehner et James Kossin proposent donc d’ajouter une sixième échelle.

Échelle de Saffir-Simpson présentant les cinq catégories cycloniques.
Géorisques.gouv Échelle de Saffir-Simpson présentant les cinq catégories cycloniques.

Pour affirmer cela, les chercheurs s’appuient sur des données allant de 1980 à 2021. Et ils ont observé que « le changement climatique a entraîné une intensification des cyclones tropicaux les plus intenses » relèves Michael Wehner. Pour exister, un ouragan a besoin d’humidité et la chaleur. Avec le réchauffement climatique, la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère (humidité) et la température à la surface des océans (chaleur) augmentent. Du pain béni pour voir arriver des cyclones toujours plus puissants.

Conséquence du réchauffement climatique

À ce sujet, le GIEC (groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat) est formel, il y a un lien clair entre réchauffement climatique et « augmentation de la proportion de cyclones tropicaux intenses » sur ces quarante dernières années. L’organisme rappelle toutefois qu’il n’y a pas de lien établi entre le réchauffement et l’augmentation du nombre d’ouragans. Sur leur intensité, en revanche, l’effet est établi.

Cinq ouragans de l’hypothétique catégorie 6 ont existé parmi les 197 cyclones tropicaux recensés entre 1980 et 2021, comme Haiyan et Patricia. Et ils ont tous eu lieu après 2010. D’où l’idée d’une sixième échelle, qui réunirait les cyclones dont les vents dépassent les 309 km/h. En termes de dégâts, on parle ici de « destruction quasi complète. Mort certaine », explique froidement Michael Wehner.

Selon cette nouvelle étude, dans le cadre d’une augmentation de la température moyenne sur terre de 2 °C, le risque d’ouragan de catégorie 6 pourrait augmenter d’environ 50 % près des Philippines et doubler dans le golfe du Mexique. L’enjeu ici est donc de mieux cerner le risque lié à ces catastrophes naturelles. Cependant, l’ajout de cette sixième échelle n’est pas à l’ordre du jour selon le directeur du centre national des ouragans américain (NHC), Michael Brennan.

La catégorie 5 présentant déjà des dégâts catastrophiques, « il n’est donc pas certain qu’une autre catégorie soit nécessaire, même si les tempêtes devenaient plus violentes. » Le directeur ne veut pas non plus se focaliser sur le vent, car les cyclones tropicaux sont aussi très dangereux à cause de l’eau (ondes de tempête, inondations, vagues dangereuses etc.)

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