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Aux Oscars 2023, Netflix amasse les récompenses

Guillermo del Toro et son Oscar du meilleur film d’animation pour « Pinocchio », sorti sur Netflix
Guillermo del Toro et son Oscar du meilleur film d’animation pour « Pinocchio », sorti sur Netflix

OSCARS 2023 - Il n’y a pas que Everything Everywhere All At Once qui a accumulé les trophées lors de cette 95e édition des Oscars. La plateforme de streaming Netflix, souvent boudée des festivals et cérémonies françaises, a récolté six récompenses pour les films À l’Ouest, rien de nouveau, Pinocchio et le court-métrage The Elephant Whisperers, aux Oscars ce dimanche 12 mars.

6 prix pour 16 nominations : voilà le palmarès dont peut s’enorgueillir le géant américain du streaming à l’issue des Oscars. Le long-métrage allemand À l’Ouest, rien de nouveau, adapté d’un roman pacifiste sur la Première guerre mondiale devenu classique de la littérature outre-Rhin, repart avec l’Oscar du meilleur film étranger, de la meilleure photographie, de la meilleure musique de film et des meilleurs décors. Le long-métrage d’Edward Berger s’était déjà imposé le mois dernier aux Bafta, les récompenses britanniques du cinéma.

Et même s’il a été devancé par le champion Everything Everywhere All At Once dans la catégorie reine du meilleur film, c’est la première fois dans l’histoire de l’Académie américaine qu’un long-métrage en langue allemande était nommé pour l’Oscar du meilleur film.

Le film « le plus oscarisé » de Netflix

Outre les victoires de ce drame disponible sur la plateforme américaine Netflix depuis le 28 octobre dernier - il était en tête des films les plus regardés sur les plateformes de streaming en Allemagne avec 3,2 millions de vues les deux premières semaines après sa sortie, selon la société allemande de conseil Goldmedia -, le sombre et sublime Pinocchio à la sauce Guillermo Del Toro remporte l’Oscar du meilleur film d’animation. Tandis que l’histoire d’un couple d’Indiens qui consacre sa vie à s’occuper consciencieusement d’un bébé éléphant orphelin nommé Raghu, Ceux qui murmuraient à l’oreille de l’éléphanteau, gagne celui du meilleur court-métrage documentaire.

Félix Kammerer dans « À l’Ouest, rien de nouveau » sur Netflix, lauréat de 4 Oscars ce dimanche 12 mars
Félix Kammerer dans « À l’Ouest, rien de nouveau » sur Netflix, lauréat de 4 Oscars ce dimanche 12 mars

Depuis 2019 et le Roma d’Alfonso Cuaron, Netflix se fait chaque année une place parmi les studios historiques sélectionnés aux Oscars après une arrivée agressive sur le marché de la production. En 2021, la plateforme de Reed Hastings remportait sept trophées pour Mank et Le Blues de Ma Rainey soit plus que n’importe quel autre studio cette année-là, rappelle Variety. Et en 2022, il décrochait « seulement » l’Oscar de la meilleure réalisation pour The Power of the Dog de Jane Campion sur 27 nominations au total.

Cette année avec ses 4 trophées, À l’Ouest rien de nouveau devient le film Netflix le plus Oscarisé (devant Roma, 3 statuettes) et permet notamment de faire exister sur la scène internationale un film en langue non-anglophone. Une condition sine qua non pour le réalisateur suisse né en Allemagne qui assurait qu’il aurait « immédiatement dit non » si Netflix avait exigé de travailler en anglais.

Mais la question se pose de moins en moins, notamment depuis que le géant du streaming a réalisé des cartons internationaux avec les séries sud-coréenne Squid Game ou espagnole La Casa de Papel.

Et en France ?

Il n’y aura bientôt plus qu’en France que Netflix reste persona non grata dans les festivals et cérémonies. En 2017, le Festival de Cannes avait même fait changer son règlement pour inscrire noir sur blanc que « tout film qui souhaite concourir pour la Palme d’or devra sortir dans les salles françaises », ce qui exclut donc les productions des plateformes en compétition.

Mais cette « exception française » pourrait bien changer : il y a tout juste un an, la plateforme s’engageait à investir 30 millions d’euros par an dans les productions françaises, auquel s’ajoutent 10 millions en faveur de productions européennes en langue française. De quoi être, selon toute vraisemblance, éligible aux César.

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