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Origine, contagion, présence dans le monde... Ce que l'on sait du variant Pirola

Le variant BA.2.86 du Covid a été recensé dans plus d'une dizaine de pays à travers le monde.

Une quinzaine de pays ont détecté le variant
Une quinzaine de pays ont détecté le variant "Pirola" Photo d'illustration / Getty Images

Détecté une première fois en Israël le 13 août dernier, le variant BA.2.86, surnommé "Pirola" n'en finit pas de se répandre dans le monde. Au total, une quinzaine de pays l'ont détecté, soiit en analysant le génome des cas positif sur leur territoire, soit via les eaux usées. Des données toutefois partielles, puisque de nombreux pays n'ont pas une vigilance aussi accrue, permettant de distinguer les différents variants.

Un variant placé "sous surveillance" par l'Organisation Mondiale de la Santé depuis la mi-août. "Plus d’une cinquantaine de séquences du génome viral ont été rapportées à ce jour, sur tous les continents, sans liens clairs entre elles, sous-estimant cependant probablement largement la réalité. BA.2.86 descend du sous-variant BA.2 d’Omicron que l’on croyait disparu de la circulation", nous détaille l'épidémiologiste et directeur de l’Institut de Santé Globale, Antoine Flahault.

Plus de 30 mutations de la protéine Spike, cible des vaccins

Un nouveau variant qui coïncide avec une reprise épidémique dans de nombreux pays dont la France, où l'incidence estimée ne cesse d'augmenter depuis le mois de juillet. Pourtant, "le rebond épidémique actuel est lié à un autre sous-variant, EG.5.1, surnommé Eris, qui circule depuis plusieurs mois et qui descend d’un sous-variant qui a circulé récemment en Europe. Ce rebond actuel ne donne d’ailleurs pas de signes particuliers d’inquiétude sauf chez les personnes âgées, les personnes immunodéprimées et les nouveaux-nés qui sont davantage à risque de formes graves. On ignore cependant la propension de ce variant à laisser des symptômes persistants qu’on appelle Covid longs", rassure Antoine Flahault.

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Pour autant, le variant Pirola resta attentivement scruté, car il a "plus de trente mutations sur des parties stratégiques de son génome codant pour la protéine Spike", poursuit le spécialiste. Or, la protéine Spike est la cible des vaccins, de quoi faire craindre un possible échappement.

"On ne peut pas encore estimer sa transmissibilité ni sa gravité"

"On ne sait pas cependant prédire grand chose à partir de ces seules mutations. Avec une expérience actuelle constituée au total de moins de cinquante personnes rapportées dans le monde infectées par BA.2.86 on ne peut pas encore estimer sa transmissibilité, ni sa gravité. Et on ne peut même pas prédire sa capacité à échapper aux vaccins existants", estime Antoine Flahault.

"Dans huit cas sur douze, les titres d'anticorps neutralisants contre BA.2.86 ont atteint des niveaux assez élevés", écrit Benjamin Murrell, microbiologiste à l'institut Karolisnka. Principale explication, les multiples expositions du corps humains au virus depuis le début de la pandémie, qui ont permis d'avoir une diversité d'anticorps polyvalents face à de nouveaux variants.

L'efficacité des nouveaux vaccins, disponibles à l'automne pour la nouvelle campagne de vaccination à destination des plus fragiles, sera scrutée de près. Développés pour cibler le variant XBB.1.5, dont un variant est à l'origine du rebond actuel, ils devraient toutefois être efficaces contre ce nouveau variant. Moderna a notamment expliqué que la nouvelle infection entrainait une multiplication par 8,7 des anticorps neutralisants face à BA.2.86.

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