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"Un One Attal Show" : l'opposition déplore l'exercice solitaire du Premier ministre à l'Assemblée nationale

Le Premier ministre était seul en scène pour répondre aux questions au gouvernement des députés ce mercredi. Un exercice qui divise jusque dans la majorité.

Le Premier ministre Gabriel Attal était le seul à répondre aux questions au gouvernement des députés ce mercredi. (Photo Miguel MEDINA / AFP)
Le Premier ministre Gabriel Attal était le seul à répondre aux questions au gouvernement des députés ce mercredi. (Photo Miguel MEDINA / AFP)

Gabriel Attal a terminé sa première représentation en solitaire à l'Assemblée nationale. Jusqu'à la fin mai, une nouvelle formule des questions au gouvernement est en effet expérimentée, avec un premier rodage ce mercredi. Seul le Premier ministre a ainsi répondu aux questions des députés dans l'hémicycle.

Une nouvelle formule testée qui divise, jusque dans la majorité, et qui n'a pas convaincu tout le monde. La présidente du groupe écologiste à l'Assemblée Cyrielle Chatelain a notamment déploré la profondeur des débats : "on a des réponses de forme, très peu de réponses de fond".

Parmi les thèmes abordés ce mercredi : la réforme de l'assurance chômage, la dette publique ou encore la question des superprofits.

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  • À la une

    L'opposition déplore un "One Attal show"

    C'était la première séance des Questions au gouvernement, rebaptisées Questions au Premier ministre puisque, en raison d'une expérimentation jusqu'à fin mai, seul Gabriel Attal répondra aux questions des députés le mercredi. La séance du mardi reste, elle, inchangée.

    La première séance n'a pas convaincu les oppositions. "Seul au ban des ministres, le Premier ministre ⁩fera le show le mercredi, invisibilisant ainsi tous les autres ministres. Le contrôle parlementaire y gagnera-t-il ? Pour les photographes, la réponse est manifestement déjà oui !", a publié sur X le député LR Philippe Gosselin, accompagnant son message d'une photo de photographes "shootant" le Premier ministre.

    De l'autre côté de l'hémicycle, le député LFI François Piquemal déplore cette nouvelle formule. "Les questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale se transforment en one Attal show. Autosatisfaction, s’écoute beaucoup parler, répond à côté, effets de manche… Que de temps perdu pour notre démocratie", écrit-il sur X.

    Sans surprise, du côté de la majorité, on salue cet exercice. "Test réussi. Sans connaître les questions à l'avance, sans notes, Gabriel Attal répond à tous les députés avec précision et clarté", écrit Jean-René Cazeneuve, député Renaissance.

  • Quel bilan pour cette première expérience des QAPM ?

    Après la réforme de novembre dernier, qui instaurait une session des questions au gouvernement le mercredi pour réduire la durée de la séance unique du mardi, nouveau changement depuis ce mercredi. Seul le Premier ministre répond aux questions des députés le mercredi, un chantier destiné à "redynamiser" les Questions au gouvernement et à "améliorer la qualité" de ces séances, selon la présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet.

    À l'issue de la première expérimentation, Matignon a fourni un décompte à la presse, indiquant qu'il y avait eu jusqu'à 193 députés présents, contre 123 au maximum la semaine dernière. On peut compter jusqu'à 577 députés dans l'hémicycle.

  • Vers une limitation du droit de grève pendant les vacances ou les jours fériés ?

    L'idée émerge depuis plusieurs mois dans le débat politique, mais elle se concrétise un peu plus ce mercredi. En commission de l'Aménagement du territoire, le Sénat a adopté la proposition de loi du président du groupe centriste, Hervé Marseille, qui vise à limiter le droit de grève lors de certaines périodes.

    Initialement, le texte visait à permettre au gouvernement de neutraliser 60 jours par an le droit de grève des "personnels des services publics de transports", avec une limite de 15 jours d'affilée par période d'interdiction.

    Plusieurs amendements ont fait passer ce quota de jours à 30 par an, et limitent leur utilisation à sept jours consécutifs. Une interdiction qui ne serait restreinte qu'aux heures de pointe et aux "seuls personnels dont le concours est indispensable pour assurer le bon fonctionnement du service de transport".

    Quatre périodes seraient concernées : les vacances scolaires, les jours fériés, les élections et référendums ainsi que lors des "événements d'importance majeure sur le territoire français", un terme qui désignerait par exemple les Jeux olympiques.

    Un débat lancé en février lorsque le Premier ministre, Gabriel Attal, avait déploré une "forme d'habitude" à la grève pendant les vacances scolaires et affirmé que si "la grève est un droit", "travailler est un devoir". Prochaine étape pour le texte de loi, un examen dans l'hémicycle mardi au Palais du Luxembourg.

    Un vote qui suscite la colère du député LFI Thomas Portes, ancien cheminot, qui dénonce "une attaque sans précédent sur un droit fondamental pour les salariés".

  • "On a un show, mais un mauvais show"

    "On a un show, mais un mauvais show (...)On a des réponses de forme, très peu de fond (...)on a quelqu'un qui aime le jeu de duel, mais qui s'enferre dans une image d'un Premier ministre isolé, sans équipe et qui a dans un coin de sa tête l'idée de s'en servir comme d'un espace de campagne électoral. C'est un exercice pas très réussi", réagit Cyrielle Chatelain présidente du groupé écologiste à l'Assemblée, à l'issue des premières questions au Premier ministre, au micro de LCP.

  • "Transparence" face au scandale des PFAS, affirme Attal

    Marie-Charlotte Garin, députée Écologiste du Rhône, interroge le Premier ministre sur les PFAS, polluants éternels qui sont largement utilisés dans l'industrie chimique.

    L'intervention de la députée intervient après les révélations de France 3 et Médiacités autour du site de Pierre-Bénite au sud de Lyon, où la contamination aux PFAS a été découverte il y a deux ans. Sur ce site, Daikin émet plusieurs tonnes de “polluants éternels” dans l'atmosphère. Malgré cela, l’industriel japonais a ouvert une unité qui utilise une nouvelle substance controversée, le bisphénol A fluoré.

    "Face à ce scandale sanitaire qui prend une nouvelle ampleur, que comptez-vous faire pour les travailleurs et riverains ?" demande la députée. "Transparence", et "on se bat au niveau européen pour réduire leur présence dans les emballages", répond le Premier ministre.

  • Le débat Quatennens Attal sur la réforme de l'assurance chômage

    Adrien Quatennens, député du Nord, interroge Gabriel Attal sur la nouvelle réforme de l'assurance chômage : "Y a-t-il selon vous un lien entre le niveau d'indemnisation du chômage et le niveau du chômage lui-même ? Y a t il un nombre d'emplois pérenne non-pourvus pour le nombre de demandeurs d'emplois en France ?"

    Gabriel Attal répond en revenant tout d'abord sur la baisse du taux de chômage depuis 2017 et la hausse du taux d'emploi, qu'il attribue aux réformes menées par la majorité.

    Selon le Premier ministre, il y a des centaines d'emplois non pourvus, que des entreprises disent qu'elles ne trouvent pas preneurs, "oui avoir un modele social plus incitatif à l'activité permet de pourvoir un certain nombre de posts qui ne le sont pas aujourd'hui".

    Adrien Quatennens reprend la parole en répondant aux questions posées : il n'y a pas de lien, le chômage était au plus bas quand il n'était pas indemnisé. L'indemnisation n'est pas la charité amis une assurance pour laquelle les travailleurs cotisent. Non il n'y a pas assez d'emplois pérennes non pourvus. Un emploi non pourvus pour 22 demandeurs", ajoute le député insoumis.

  • Attal à la Nupes : "Économisez plutôt votre voix pour aller crier dans des manifestations"

    À la fin de sa réponse sur les groupes de niveau, alors que la Nupes exprimait son mécontentement, Gabriel Attal s'est adressé à eux : "je le redis à l'extreme gauche, c'est pas la peine d'essayer de hurler pour m'empêcher de parler ça ne marche pas avec moi économisez plutôt votre voix pour aller crier dans des manifestations ou autres, mais ici ça n'aura pas d'impact sur mon expression", a lancé le Premier ministre.

  • Les superprofits au coeur des débats

    Fabien Roussel, député PCF, interroge Gabriel Attal sur le pouvoir d'achat, après avoir égréné les hausses des dépenses auxquelles les Français font face : prix moyen du chariot de courses, hausse de l'essence, des factures d'énergie ou encore hausse des franchises sur les médicaments.

    "Vous chouchoutez les 1% les plus riches du pays qui n'ont jamais gagné autant. Est-ce que vous allez mettre une contribution des grandes fortunes et des records de dividende d'action versés par les grands groupes ?", demande l'ancien candidat à la présidentielle.

    La France n'est un paradis fiscal pour personne, rappelle une nouvelle fois Gabriel Attal, qui poursuit en affirmant que 10% des contribuables payent 70% de l'impôt sur le revenu.

    Le Premier ministre rappelle avoir déjà mis en place une contribution sur la rente inframarginale des pétroliers et énergéticiens et une taxe sur les superprofits sur les laboratoires de biologie médicale durant la crise Covid. "Nous ne nous en prendrons jamais aux Français qui travaillent au fruit de leur épargne, c'est la différence entre vous et nous", conclut le Premier ministre.

  • Échange tendu entre Attal et Chenu

    Première passe d'armes entre Sébastien Chenu (RN) et le Premier ministre. Le député RN dénonce un gouvernement qui "fait les proches des classes moyennes", citant les réformes de l'assurance chômage, la hausse des franchises médicales ou le projet d'augmenter le nombre de jours de carence du secteur privé.

    "Pour payer vos erreurs, vous allez taper la France du travail. Rien sur les abus d'en haut, pas de taxation des surprofits. Rien sur les abus d'en bas, ceux qui profitent de la générosité des Français", dénonce Sébastien Chenu, qui demande au Premier ministre "quand allez vous rendre aux Français leur argent, et quelle mauvaise surprise fiscale leur réservez vous après les "élections européennes ?"

    En réponse, Gabriel Attal dénonce un RN qui n'a "que le mot dépense à la bouche, sans jamais expliquer comment financer", avant de citer le retour de la retraite à 60 ans ou la baisse de la TVA proposées par le RN. "Vous êtes en désaccord avec notre ligne de valorisation du travail, vous partagez la ligne politique de LFI et de Jean-Luc Mélenchon qui est de favoriser l'inactivité à l'activité", conclut le Premier ministre. Une réponse qui suscite la colère du RN.

  • Une députée LR inaugure cette nouvelle formule

    C'est la députée LR Virginie Duby-Muller qui inaugure cette nouvelle formule de questions au gouvernement et interroge le Premier ministre sur Atos, géant de l'informatique et de la cybersécurité qui est confrontée depuis 2019 à une chute de sa valorisation. Elle interroge le Premier ministre sur la stratégie de l'État pour assurer l'avenir de l'entreprise.

  • Les 10 députés qui vont interroger Gabriel Attal

    À partir de 14 heures, les questions au gouvernement seront uniquement adressées à Gabriel Attal. Voici la liste des dix orateurs, un par groupe politique, qui interrogeront le Premier ministre. Si la durée de leur question est limitée, celle de la réponse du Premier ministre n'est, en théorie, pas limitée.

  • TPMP au coeur des questions au gouvernement ?

    L'émission présentée par Cyril Hanouna pourrait être au coeur des questions au gouvernement. En cause, la participation à touche pas à mon poste mardi du président de la commission d'enquête TNT Quentin Bataillon.

    Une participation qui constitue pour beaucoup une entorse au devoir de neutralité auquel l’élu Renaissance aurait normalement été tenu de s’astreindre. Autre point noir pour Quentin Bataillon, les propos tenus à l'antenne, puisqu'il s’est en effet permis de critiquer ouvertement le contenu de l’audition d’autres personnes entendus par la commission d’enquête, en l’occurrence Yann Barthès et son émission Quotidien.

    Des faits qui poussent le député Manuel Bompard (LFI) à demander sa démission. La présidente de l'Assemblée Yaël Braun Pivet a rappelé dans un communiqué que les présidents de commission d'enquête doivent exercer leurs fonctions "de façon impartiale, équilibrée et collégiale" et "faire preuve de réserve et de discernement dans leurs prises de position". Le rapporteur de la commission d'enquête a lui fait part de sa "stupéfaction" après l'émission.

  • Les QAG fêtent leurs 50 ans

    Les QAG, pour questions au gouvernement, ont été instaurées par Valéry Giscard d'Estaing, à son arrivée au pouvoir en 1974. Son objectif, que le contrôle et l'information des parlementaires soient mieux assurés.

    il y aujourd'hui trois séances de QAG chaque semaine : deux à l'Assemblée, le mardi après-midi pendant 1h30 et le mercredi pendant trois quarts d'heure, et une au Sénat, le mercredi aussi, qui dure plus d'une heure. C'est le même déroulé pour les trois séances.

    En 50 ans, l'exercice a peu évolué, ce qui explique les tâtonnements sur les nouvelles formules. Richard Ferrand avait renoncé à la séance du mercredi pour un rendez-vous plus long le mardi, avec un "droit de réplique" des députés, après la réponse ministérielle. Mais cette longue séance, clairsemée à la fin, n’avait pas convaincu, notamment du côté de la chaîne LCP, qui diffuse les QAG.

    Fin novembre, Yaël Braun-Pivet a donc relancé deux séances hebdomadaires les mardi et mercredi, sans trouver pour autant la bonne formule. Mi-février, dans un courrier aux députés, elle soulignait qu’une " participation importante des députés" était "indispensable".

  • "On n’est pas naïfs sur le timing"

    Ce premier rôle dévolu pendant 45 minutes au chef du gouvernement reste "marginal au regard du fonctionnement très présidentialiste" des institutions de la Ve République "mais de facto cela met la lumière sur le Premier ministre dans un moment où le président est très contesté et se trouve dans une perspective de départ", analyse-t-il auprès de l'AFP.

    Reste à savoir si Gabriel Attal sera perçu "dans son rôle de fusible et protecteur du président, ou au contraire comme une concurrence intempestive". Une mise en lumière à deux mois des européennes qui ne laisse pas de marbre Cyrielle Chatelain, présidente des députés écologistes : "On n’est pas naïfs sur le timing. Ça lui offre une exposition médiatique en pleine campagne des européennes", dénonce-t-elle.

  • "Je ne me dérobe jamais" confie Gabriel Attal

    Interrogé par TF1Info sur les raisons qui l'ont poussé à accepter de nouveau format pour les questions au gouvernement, Gabriel Attal a répété plusieurs fois qu'il ne se "dérobe jamais", et estime qu'il fallait "tenter quelque chose d'autre pour revivifier cette séance de questions du mercredi".

  • "Pour moi, un gouvernement c'est une équipe", lâche le patron des députés MoDem

    La nouvelle formule testée jusqu'à la fin mai divise jusque dans la majorité. Si elle a été validée la semaine dernière avec le soutien de Renaissance, de la droite et de l'extrême droite, le face-à-face de 45 minutes entre Gabriel Attal et les députés ne plaît pas à gauche, qui redoute un "show" de communication.

    Au sein de la majorité, et notamment des alliés Horizons et MoDem, certains s'opposent à cette formule. "L'idée me semble inappropriée. Souvent les députés préfèrent une vraie réponse du ministre" concerné par le dossier, estime auprès de BFMTV un élu du parti d'Édouard Philippe.

    "Pour moi, un gouvernement, c’est une équipe. Là, on incarne vraiment la verticalité", juge Jean-Paul Mattei, patron des députés MoDem, proche de François Bayrou. "Gabriel Attal est brillant, mais pas omniscient", alors qu’il devra répondre à des questions tous azimuts, sur des dossiers précis. Autre allié du camp présidentiel, le groupe Horizons pointe un "risque de désacralisation de la parole du Premier ministre"

    Un député de la majorité craint "une volonté" de la droite et l'extrême droite "de voir le Premier ministre se crasher" à cette séance, mais Gabriel Attal devrait aussi en profiter pour répondre à ses adversaires à l'approche des élections européennes.

    Au sein de la majorité, certains saluent l'inspiration venue d'outre-Manche et du "Prime Minister's Questions" le mercredi midi à la Chambre des communes britannique. "C'est une excellente inspiration", juge le député Renaissance Charles Rodwell, lui-même franco-britannique. Gabriel Attal "donnera une cohérence d'ensemble à la politique gouvernementale" juste après le Conseil des ministres.

  • Bonjour et bienvenue dans ce direct dédié à la nouvelle formule des questions au gouvernement le mercredi. Jusqu'à la fin mai, seul le Premier ministre Gabriel Attal répondra aux questions des députés dans l'hémicycle le mercredi.