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Olivier Dubois raconte ses trois tentatives d’évasion pendant sa détention au Mali

Olivier Dubois raconte ses trois tentatives d’évasions pendant sa détention au Mali
Olivier Dubois raconte ses trois tentatives d’évasions pendant sa détention au Mali

MALI - Olivier Dubois, otage français pendant près de deux ans de jihadistes au Mali, est rentré en France ce mardi 21 mars et a retrouvé ses proches avec émotion. Il avait été kidnappé le 8 avril 2021 à Gao, dans le nord du Mali, par le GSIM, principale alliance jihadiste au Sahel liée à Al-Qaida. Il collaborait notamment avec le quotidien Libération et le magazine Le Point et vivait au Mali depuis 2015.

Le jour de son retour, Olivier Dubois a livré un long entretien à France 2, dont le « 20 Heures » a diffusé des extraits. À cette occasion, il a déclaré que s’il n’a jamais été physiquement maltraité au cours de ses 711 jours de détention, les conditions étaient toutefois dures. « La captivité dans le nord du Mali, dans la région de Kidal, c’est difficile. Vous dormez sur le sol, qu’il pleuve, qu’il vente. Dans le sable ou dans la terre », a-t-il raconté.

En deux ans, le journaliste a tenté par trois fois de s’évader. En vain. Car « je reviens à chaque fois pour différentes raisons », explique-t-il. « La première fois parce qu’il commençait à pleuvoir, j’avais des épines sous les pieds et puis j’avais fini mon eau. (...) Je reviens parce que ça ne va pas, ça ne marchera pas. »

Il décide de remettre ça une seconde fois pour faire du repérage et trouver une route. « Dans la nuit, j’enlève mes chaînes, car elles n’avaient pas d’écrous. (...) Je pars, je mets beaucoup de temps à retrouver la route. » Mais celle-ci, jonchée de branches, n’est visiblement pas empruntée. En pleine nuit, face à la peur de se perdre, Olivier Dubois décide de revenir à son lieu de détention.

Lors de la troisième tentative, le journaliste s’approche enfin du but. Vers 4 heures du matin, il aperçoit un camion. Toutefois, à la mention de ses ravisseurs jihadiste, le conducteur renonce à le faire monter et part en le laissant sur place. Il sera finalement retrouvé par ses kidnappeurs quelques heures plus tard. « J’avais une demi-bouteille d’eau. (...) Je ne sais pas ce qui se serait passé s’ils ne m’avaient pas récupéré. J’ai passé un très sale moment. »

« Je suis libre ! »

Pendant ses 711 jours de détention, Olivier Dubois a indiqué avoir changé de lieu de détention toutes les deux à quatre semaines. Parfois, il a pu rester plus longtemps dans « des prisons à ciel ouvert », ce qui apportait « plus de confort », a-t-il expliqué.

« Il y a eu des moments difficiles mais pas physiques comme certains ont pu le vivre », a-t-il ajouté en allusion à Jeffery Woodke, qu’il a rencontré seulement deux jours avant sa libération.

Le reporter de 48 ans était le dernier Français connu comme retenu en otage par une organisation non étatique. « J’ai été au courant de ma libération le 7 mars », a-t-il expliqué. Le 16, des hommes l’ont emmené à moto puis en pick-up « dans ce que j’appelle le sas », sous un arbre, dans « la région de Kidal », où il a attendu sa libération.

« Hier, je n’y croyais pas quand je suis arrivé à l’aéroport » de Niamey, a-t-il déclaré à l’AFP. « Ça y est, j’ai vu ma famille (...) Je suis libre ! », a-t-il lancé, s’estimant chanceux de n’avoir été ni « maltraité, ni humilié ni frappé ni quoi que ce soit ».

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