Ocean Viking: quel est le parcours des 230 migrants qui viennent de débarquer à Toulon?

Des migrants à bord de l'Ocean Viking le 10 novembre 2022. - VINCENZO CIRCOSTA / AFP
Des migrants à bord de l'Ocean Viking le 10 novembre 2022. - VINCENZO CIRCOSTA / AFP

Ce vendredi, peu après 8 heures, 230 hommes, femmes et enfants dans une situation sanitaire et médicale extrêmement difficile ont débarqué à Toulon (Var), clôturant un bras de fer de 20 jours entre Paris et Rome, qui a sérieusement affecté les relations bilatérales franco-italiennes.

Mi-octobre, l'ONG SOS Méditerranée, auquel est rattaché l'Ocean Viking, a opéré plusieurs opérations de sauvetage en mer, pour porter secours à des personnes migrantes en détresse embarquées sur des navires de fortune. Ces opérations ont été menées dans les zones de recherche et de sauvetage maltaise et libyenne.

Des Bangladais, des Érythréens, des Syriens...

Les personnes qui viennent de débarquer à Toulon sont en provenance de plusieurs pays. Comme l'a indiqué l'entourage de Gérald Darmanin à l'AFP, des Bangladais, des Érythréens, des Syriens, des Égyptiens, des Pakistanais, des Maliens, des Soudanais et des Guinéens ont été recensés sur le navire.

Nombre d'entre eux ont quitté le continent africain depuis les côtes libyennes, pays qui bénéficie d'un soutien opérationnel et financier de la part de l'Union européenne dans le cadre de la crise migratoire en Méditerranée.

Mais en Libye, les migrants en provenance de tout le continent africain sont soumis à la cruauté des passeurs et à des conditions de détention inhumaines avant de pouvoir partir pour Europe.

Déjà en 2018, un rapport de l'ONU évoquait entre autres les brûlures de cigarettes et les coups de barres métalliques subis, l'organisme évoquant des conditions de détention "horribles". Des viols, sur des femmes comme des hommes, sont également régulièrement rapportés.

"De nombreux rescapés présentent des signes de torture"

Des sévices auxquels n'ont pas échappé les passagers de l'Ocean Viking.

"De nombreux rescapés présentent des signes de torture, de violence sexuelle et d'abus dus à leur séjour en Libye. (...) Les personnes à bord de nos navires ont vécu des événements traumatisants au cours de leur périple", a déclaré dans un communiqué Sos Méditerranée.

D'ailleurs, parmi les trois migrants qui ont été évacués du bateau de secours jeudi du fait de la détérioration de leur état de santé, deux d'entre eux "ont subi des blessures en Libye, qui, en raison du délai de traitement, risquent maintenant d'avoir des conséquences négatives à long terme", a poursuivi Sos Méditerranée.

Enfin, d'autres passagers ont été grièvement brûlés par un mélange nocif à bord de leur embarcation, lorsque l'essence et l'eau de mer se sont mélangées. Ce sont les femmes, situées au centre des radeaux, qui sont les plus grièvement touchées, aux cuisses et aux parties génitales, rapporte Var Matin.

"Il y a des tortures"

Sur le compte Twitter de l'ONG, un ressortissant malien présent sur l'Ocean Viking a évoqué la situation libyenne. "On a quitté la Libye avant d'être sauvé, on a fait 48 heures dans la mer. (...) En Libye, il y a beaucoup de punitions, il y a des tortures".

Désormais arrivés en France, les 230 migrants vont être pris en charge par des médecins, avant de s'entretenir avec des agents de la DGSI. Une fois leur demande d'asile déposée, un tiers d'entre eux ont vocation à rester en France, a fait savoir le gouvernement. Le reste se répartira dans neuf pays européens qui se sont portés volontaires.

Article original publié sur BFMTV.com