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Des océans submergés par le plastique

Les plastiques visibles à l'œil nu ne représentent qu'une partie de cette pollution dans les océans. L'essentiel consiste en de plus petites structures.

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°216 daté janvier/ mars 2024.

Ce sont les océanographes qui ont sonné l'alerte : à la fin du siècle, ils identifient dans l'océan Pacifique une zone saturée en débris plastiques de trois millions de kilomètres carrés. Mais ce "septième continent" n'est que la partie émergée de l'iceberg. "Sur les 200 millions de tonnes de plastique qui se retrouvent aujourd'hui dans les océans, environ 80 millions sont dans l'eau et 117 millions dans les sédiments marins. Seul 0,3 million flotte en surface", estime Jeroen Sonke, directeur de recherche CNRS à l'Université de Toulouse 3.

Une dégradation très lente

Les plastiques visibles à l'œil nu - ou macroplastiques - ne représentent d'ailleurs qu'une partie de cette pollution. L'essentiel consiste en de plus petites structures - les microplastiques (< 5 millimètres) et les nanoplastiques (< 1 micromètre) -, qui résultent de la dégradation des matériaux sous l'effet des rayonnements solaires et des pressions mécaniques, comme celles exercées par les pierres dans les rivières ou les vagues dans la mer. "Les principaux constituants du plastique se dégradent très lentement. Ils perdent 1 % de leur poids chaque année", souligne le chercheur.

"Même les bactéries ne parviennent pas à les digérer", complète Pascale Fabre, directrice de recherche à l'Université de Montpellier et fondatrice du groupement de recherche Polymères et Océans. Les plastiques les plus abondants sont les polyéthylènes et les polypropylènes, issus de la transformation d'hydrocarbures.

Comment agir ?

"Le paradoxe du plastique est qu'il dure très longtemps alors qu'on ne l'utilise parfois que quelques minutes, constate Pascale Fabre. Et il s'accumule : c'est cela, le principal danger." Les microplastiques avalés par les organismes marins - poissons, crustacés ou plancton -provoquent une inflammation de leur tube digestif. Une maladie qui porte un nom, la plasticose, depuis qu'une équipe austral[...]

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