O.J. Simpson, ex-star du foot américain et au cœur du « procès du siècle » est mort

O.J. Simpson, ex-star du foot américain et au coeur du « procès du siècle » est mort (Photo prise lors de son procès)
JASON BEAN / AFP O.J. Simpson, ex-star du foot américain et au coeur du « procès du siècle » est mort (Photo prise lors de son procès)

DÉCÈS - Orenthal James Simpson, dit O. J. Simpson, ex-star du football américain, est décédé à l’âge de 76 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué publié sur X (ex-Twitter) ce jeudi 11 avril. Il a été au cœur du « procès du siècle » dans les années 1990.

Selon le communiqué, l’ex-footballeur a « succombé à son combat contre le cancer » et s’est éteint « entouré de ses enfants et petits-enfants ».

O. J. Simpson avait été accusé du meurtre de son ex-épouse, Nicole Brown Simpson, et de son ami Ron Goldman, en 1994 à Los Angeles. À l’issue d’un procès sur-médiatisé et où la question raciale avait joué un rôle de premier plan, il avait été acquitté en octobre 1995, ce verdict continuant de susciter la controverse 30 ans après.

L’ascension de « The Juice »

Malgré cet acquittement surprise, l’histoire d’Orenthal James Simpson est celle d’une déchéance inexorable pour un homme parfois considéré comme la première superstar noire aux États-Unis.

Né à San Francisco le 9 juillet 1947, il est élevé par une mère seule, abandonné par son père alors qu’il avait cinq ans. Souffrant de rachitisme dans son enfance, il devient pourtant plus tard un athlète hors normes et réalise une carrière brillante dans la Ligue nationale de football américain NFL. Il est couronné joueur de l’année en 1973 alors qu’il joue pour l’équipe des Buffalo Bills (nord-est).

Séduisant, charismatique, celui qui sera surnommé « The Juice » (« le jus ») - en raison de ses initiales correspondant à « Orange Juice » - jouit d’une popularité immense qu’il conservera bien après la fin de sa carrière professionnelle, à la fin des années 1970.

Sportif, acteur, commentateur puis suspect

Avant même de raccrocher les crampons, il est sollicité par le cinéma et la télévision, notamment dans la série Racines (1977), et fait le bonheur des annonceurs avec son charme et sa voix légèrement grave.

Sa présence naturelle à l’écran le conduira également, plus tard, à une carrière de commentateur sportif. En 1985, il épouse en secondes noces une beauté blonde, Nicole Brown, qui lui donne deux enfants, et mène une vie opulente. Ils divorcent en 1992.

Alors qu’il s’éloignait progressivement des projecteurs, O.J. Simpson va revenir au centre de l’actualité en personnage principal de l’une des affaires judiciaires les plus fascinantes du XXe siècle aux États-Unis.

Acquitté... mais reconnu responsable au civil

Le 12 juin 1994, Nicole Brown est découverte morte à Los Angeles dans une mare de sang, au côté du corps de son ami Ronald Goldman, lui aussi sauvagement assassiné. Après une poursuite de plusieurs heures sur les autoroutes de Los Angeles, suivie en direct par des caméras de télévision qui filment depuis des hélicoptères, Simpson est arrêté par la police.

Des analyses génétiques identifient le sang de Simpson sur les lieux du crime, celui des victimes dans sa voiture et à son domicile. « O.J. » clame son innocence mais il est inculpé de double meurtres.

Un an plus tard, au terme d’un procès à grand spectacle, lui aussi retransmis en direct à la télévision, un jury de Los Angeles l’acquitte. Cette décision provoque une vague d’indignation aux États-Unis et divise l’opinion entre Noirs et Blancs, trois ans après de sanglantes émeutes raciales dans la mégalopole californienne.

L’ex-joueur est ensuite reconnu responsable de la mort des deux victimes lors d’un procès civil en 1997 et condamné à payer des dommages-intérêts de plus de 33 millions de dollars à leurs familles, ce qu’il ne fera jamais.

En liberté conditionnelle pour vol à main armé

Il s’installe alors en Floride (sud-est), où ses biens sont à l’abri d’une saisie visant à satisfaire la décision du tribunal civil en Californie, à l’autre bout du pays. Mais il ne disparaît pas pour autant de l’espace public, monnayant ses apparitions, notamment… lors d’un congrès de passionnés de tueurs en série.

En 2007, il refait parler de lui dans la chronique judiciaire, interpellé à Las Vegas pour avoir dérobé des souvenirs sportifs avec cinq hommes de main dans un hôtel-casino de la ville, sous la menace d’une arme.

Début octobre 2008, il est reconnu coupable de 12 chefs d’accusation, puis condamné à une peine de 9 à 33 ans de prison. Il était depuis 2017 en liberté conditionnelle.

Bien qu’il soit toujours redevable de dizaines de millions de dollars aux familles de son ex-femme et du compagnon de celle-ci, la loi l’autorisait à conserver sa pension de retraite de footballeur professionnel : 25.000 dollars par mois.

À voir également sur Le HuffPost :

Peter Higgs, le découvreur du Boson de Higgs, est mort à l’âge de 94 ans

Mort de Simone Weber, surnommée « la diabolique de Nancy », condamnée pour meurtre en 1991